INTRODUCTION LUI
être question, sinon sur quelques points ; et nous n'avons d'autre alternative que de tout rejeter, d'après la méthode a priori du rationalisme, ou d'admettre l'ensemble sur la parole de Grégoire. Nulle autre solution n'est ici ni logique ni possible.
Il nous reste à écarter une dernière objection qui peut naître dans plusieurs bons esprits. Sincèrement chrétiens, et bien étrangers aux systèmes plus ou moins hétérodoxes, ils sont néanmoins facilement surpris lorsqu'ils se trouvent en présence de miracles fréquents dans la vie des amis de Dieu. Prudence, nous le voulons bien, niais non sans quelque alliage d'humanité dont il n'est guère possible d'être en ce monde entièrement exempt. Les faits miraculeux, nous diront ils, sont vraiment bien multipliés dans la vie de saint Benoît. Ne ressort il pas d'une telle abondance quelque prévention d'erreur ou de supercherie ? de zèle filial mal entendu ?
Ce dernier soupçon ne paraît guère plausible, attendu que l'œuvre de Grégoire fut écrite cinquante ans après la mort du Patriarche Cassinien, et que les témoignages furent recueillis par lui à une époque où les premiers enthousiasmes des disciples étaient refroidis. On verra d'ailleurs, en parcourant l'histoire du culte de saint Benoît, comment les premières générations cassiniennes ont témoigné de dispositions tellement calmes, à l'égard de cette grande mémoire, qu'aujourd'hui nous avons peine à les comprendre.
Par ailleurs la multiplicité des miracles, qui n'a