X INTRODUCTION
pôle, qui leur donne beau jeu pour faire pénétrer leur esprit dans l'Eglise même. Leur credo ne les gêne guère ; et cependant chez elles le savant, quoi qu'il en dise, demeure toujours, par son but et ses tendances, juif ou protestant. Pour le catholique, il y a un devoir bien plus urgent encore de ne soustraire jamais sa plume au contrôle de sa foi.
Est-ce à dire que nous fermions les yeux et les oreilles aux exigences de la critique historique ? A Dieu ne plaise! Nous entendons fort bien ce que le rationalisme allemand nous oppose au sujet de saint Grégoire et de son œuvre ; mieux encore ce que le naturalisme français ajoute, en zélé disciple, au jugement de son maître; car « la science allemande » ayant donné le signal, il ne se pouvait que la science française n'y fît écho, en fidèle vassale. A ce devoir elle n'a pas forfait, nous Talions bien voir.
La question d'authenticité des Dialogues ne se pose plus depuis longtemps; elle a été jugée sans appel. Tout le débat se concentrera donc sur la valeur de l'auteur et de son œuvre. Aux yeux d'Ebert, Grégoire conserve encore un certain droit à la « considération distinguée », bien que victime du milieu où il vit, de l'époque d'obscurité qui s'ouvre alors. Mais c'est à raison de son caractère. Quant à son œuvre, « histoires triviales ou futiles, légendes « populaires », au milieu desquelles quelques faits, çà et là jetés, nous renseignent un peu sur les événements politiques (I) ; voilà en somme les Dialogues : qu'en pourrait- on tirer?
Une plume contemporaine répond pour nous : « L'histoire s'éprenait exclusivement autrefois des
1 Ebert, op. cit., p. ,r>82, note 1.