‹ Le patriarche Saint BenoitChapitre 51 sur 102 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

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Benoît s'était donc donné à Dieu selon le vœu de son cœur. Cette vie qui devait être plus que toute autre glorieuse au Seigneur par sa fécondité universelle et inépuisable commençait, on le voit, sans longs préparatifs ni examens compliqués. Romain pas plus que Benoît ne prévoyait ce qui devait sortir de cette cérémonie primitive d'une vêture et d'une profession faites au flanc des rochers, sans autre assistance que celle des oiseaux de la terre et des Anges de Dieu, sans autre appareil que la verdure des chênes et le bouillonnement des eaux. L'un et l'autre suivaient simplement la volonté divine telle qu'elle apparaissait pour l'heure, et c'est ainsi qu'au jour le jour ils continueront.

Dans son âpre retraite, Benoît ne trouvait autour de lui ni le palmier-dattier, ni la source tranquille et discrète, ni le petit espace de terre arable, qui avaient fourni aux anachorètes de la Thébaïde le peu qu'il fallait à leur subsistance ; tout était roches aux alentours, et Dieu n'avait pas dit qu'il enverrait chaque jour le corbeau qui nourrissait jadis saint Paul ermite. Il ne pouvait cependant manquer à son serviteur. Comme à Elie la veuve de Sarepta ; comme

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