‹ Le patriarche Saint BenoitChapitre 71 sur 102 · LA COMMUNAUTÉ DU CASSIN L · texte numérisé non relu

LA COMMUNAUTÉ DU CASSIN L

cinait, L'enseignement de son serviteur, sur tous ses points fondamentaux. Il n'en eût pas été besoin en simple justice : habent Moysen et Prophetas, audiant eos. Mais, nous le répétons, il y avait à jeter les fondations d'une œuvre dont Dieu prévoyait les accroissements et la durée tout exceptionnels. Dans la génération première des disciples, qui devait inaugurer la tradition, l'intervention surnaturelle affermissait la doctrine. Et par eux transmis aux générations à venir, ces récits devaient, à travers les siècles, devenir les contreforts des prescriptions de la Règle. Cette première génération ne comptait pas que des saints. Il y aurait danger, en pratique, à imaginer des temps primitifs où tout aurait été beau et parfait. Nous savons par la Règle que le Patriarche du Cassin n'eut pas en mains seulement des âmes dociles, intelligentes, et ouvertes à toutes les impulsions de la grâce. Lorsqu'il prévoit le cas de natures difficiles, rustiques, rebelles même à l'occasion; lorsqu'il vise les esprits faibles et pusillanimes ; lorsqu'il insiste sur la part principale que l'abbé doit de ses soins aux âmes malades ; lorsqu'il répète qu'on vient au monastère pour s'y convertir; manifestement il parle d'après son expérience personnelle, et selon la remarque de saint (Grégoire, nous donne là le programme et le sommaire de son propre gouvernement.

Nous avons vu tout à l'heure qu'en effet parmi les disciples du Patriarche plusieurs étaient fort éloignés de la perfection, évidemment. Mais du moins, autant que l'histoire nous renseigne, devons nous constater un fait à l'honneur de cette communauté : l'on ne voit pas qu'il se soit trouvé dans

son sein de ces esprits réfractaires, que semble aigrir la perfection d'autrui. Peu de saints ont échappé à la persécution domestique prédite par l'Evangile : ce n'est pas un mince éloge, eu égard à l'humaine infirmité, de constater qu'elle fut inconnue alors au Cassin, où les moines comprenaient et honoraient la sainteté de leur Père.

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