‹ Le patriarche Saint BenoitChapitre 8 sur 102 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

« sieurs années à Constantinople en qualité d'apo- « crisiaire. » Eh! mon Dieu, excusons cela : « Le « grec est à Rome, dès le ni0 siècle, une langue « savante (1) ; » et l'on connaît peu d'ambassadeurs qui soient revenus sachant le russe ou le turc après plusieurs années passées à Pétersbourg ou à Constantinople. Ils y ont parlé la langue officielle; et à Byzance le latin avait droit de cité : Grégoire l'y parlait. Tout en s'acquittant habilement de son ambassade à la cour impériale, il était assez bien renseigné pour saisir à la gorge l'hérésie naissante du patriarche grec. Ce crédule, cette dupe naïve des racontars populaires, entend parler d'autres hérétiques : il a tôt fait de mener une enquête et de réduire ces bruits à leur juste valeur. Pendant ce temps il commence à dicter les volumineuses Morales sur Job qu'il nous a laissées pour notre grand profit.

Devenu pape, ce geigneur sempiternel trouve le temps et l'énergie d'écrire, malgré des souffrances physiques de chaque jour, des lettres qui forment en quatorze ans un recueil de 844 pièces ; et non point des badinages à la Sévigné. Ce ne sont que questions canoniques, doctrinales, administratives, ou morales, traitées avec un soin, une vigilance, une clarté si remarquables que leurs solutions ont fait loi. Ces lettres vont chercher les intéressés dans tous les coins du monde romain, qu'ils soient moines ou rois, puissants ou obscurs.

Entre temps Grégoire, toujours malade, conduit les longues processions des Stations romaines, proche à son peuple les vérités de la foi, compose

(1) Op. cit., p. 99.

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