INTRODUCTION XV
d'autres ouvrages, revoit toute la liturgie, organise4 de loin Les nouvelles églises anglo-saxonnes, son œuvre de prédilection ; cependant que la terre tremble, que la peste ravage Rome, suivie de la famine à laquelle il faut parer. Il suffit à tout. Ah vraiment, si ce Pontife « est de plain pied avec les « rédacteurs des gestes romains à, ceux-ci sont des hommes bien exceptionnels, car Grégoire l'est certainement.
L'Eglise en a jugé ainsi ; nul pontificat n'a laissé dans sa vie de traces plus profondes. Voici qu'au treizième centenaire de Grégoire, son successeur s'est levé sur la Chaire apostolique, et Pie X l'a proclamé à la face du monde « Restaurateur de a toute la vie chrétienne, ranimant la piété chez les « fidèles, la règle chez les moines, la discipline « dans le clergé, le zèle pastoral chez les Pontifes « sacrés (1). » Cet éloge solennel, unique en dehors des canonisations, d'un grand Pontife par le successeur en qui s'est réveillé son esprit, suffirait à garantir la valeur des Dialogues. Quand un pareil témoin nous racontera des faits d'ordre surnaturel, survenus à son époque, autour de Rome ou dans Rome même, sans scrupule ni crainte nous pourrons l'en croire, car il en est un juge autorisé. Pour oser le toiser de haut il faut le piédestal fort élevé de la présomption moderne.
Et pourtant il est inutile de se faire illusion : l'éloge pontifical demeurera pour les critiques un document d'ordre purement oratoire. En admettant que Grégoire fût un saint homme, un ascète actif et de zèle communicatif, ils continueront à lui dénier
(1) Lettre encvcl. Jucunda, 12 mars 1904.