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LE PATRONAGE EN GÉNÉRAL

sur le libre consentement des individus ; nous ne contraignons personne ; chacun peut entrer ou sortir sans difficulté de la corporation, oh il n'est retenu que par les liens de la bonne volonté. Unissant tous les efforts dans une charité mutuelle, nous tendons à obtenir, de la libre adhésion des patrons, les mesures favorables aux ouvriers; en même temps, nous faisons comprendre à ceux-ci que le bonheur réel ne peut se trouver en dehors de la pratique des devoirs ; nous voulons affranchir les travailleurs de la tyrannie du vice et des mauvaises influences. Nos associations sont une protection contre l'abus de la force, contre les dangers de l'isolement et les périls de la faiblesse. Tout est combiné pour conserver la juste indépendanceet la dignité des ouvriers sans amoindrir le droit des patrons (i). »

Mais tout en laissant à l'ouvrier la liberté de sa conviction, on exige qu'il respecte dans l'usine tout ce qui doit être respecté ; qu'il respecte avant tout l'autorité du patron et qu'il lui témoigne, par son zèle et sa bonne conduite, sa gratitude pour les bons offices qu'il en reçoit.

Il faut que le patron sache opérer, dans son personnel ouvrier, les épurations nécessaires et qu'il procède en ceci avec la sévérité d'un justi-

I. Manuel d^ une corporation chrétienne, 3*"^ édit., p. 362, 3^3'

cier. II pourra en coûter à un patron charitable

d'user d'une telle rigueur, mais, comme tous les actes de justice, ceux que le patron exercera sur ses ouvriers leur seront utiles parce qu'ils les feront refléchir et qu'ils pourront déterminer en eux un retour à une meilleure vie. Ils seront surtout très utiles, d'abord pour l'exemple, ensuite parce que la justice intelligente du patron écartera de l'atelier des éléments corrupteurs, dont la présence paralyserait tout ce qu'il pourrait entreprendre pour le bien de l'ouvrier.

Exercer l'autorité sur l'ouvrier n'est pas le fait de tout le monde. Des hommes dont toute la vie se passe dans les devoirs d'une profession, dans les travaux qu'elle exige, dont l'intelligence est toute tournée du côté de ces travaux, dont l'existence dépend de ce qu'ils rapporteront, ces hommes-là donneront de préférence leur confiance à celui qui a la responsabilité principale dans l'atelier oii ils travaillent, qui en a le gouvernement, et dont la vie s'ëcoule au milieu d'eux, en une véritable communauté de labeurs, de succès et d'épreuves. Ils lui donneront leur confiance, comme à un des leurs, s'il pratique sérieusement envers eux toutes les obligations de sa fonction industrielle, et s'il est, dans ses ateliers, véritablement patron. Qu'il soit tel, et ils la lui accorderont, cette confiance, pleine et entière, pour les choses de leur vie morale comme pour les choses de leur vie professionnelle.

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