LE PATRONAGE EN GÉNÉRAL. IO
Jamais, quelque zèle qu'ils y déploient, quelque intelligence qu'ils y apportent, des hommes étrangers à Tatelier n'attireront à eux et ne captiveront l'ouvrier, comme le feront les chefs d'industrie, lorsqu'ils apporteront dans le patronage le véritable esprit de la charité chrétienne. Jamais d'ailleurs ils ne comprendront,comme ces derniers, la pratique du patronage en toutes ses particularités, jamais ils n'auront comme eux le tact spécial nécessaire pour manier l'ouvrier et le gagner.
Moralistes, publicistes, économistes, théoriciens de bonnes œuvres de tout genre, n'ont ici à remplir qu'un rôle secondaire : celui de donneurs de conseils. Leurs conseils peuvent être utiles aux chefs d'industrie, qui en feront ce que leur expérience leur dictera. Mais quant à la pratique, quant à l'action, c'est aux hommes d'industrie qu'elle appartient. Les hommes de théorie, s'ils venaient se mettre en tiers dans l'œuvre du patronage, rendue si délicate et si laborieuse par l'esprit du temps, risqueraient de tout entraver et de tout compromettre.
Telles sont, sur la pratique du patronage, les règles générales que peut suggérer l'observation attentive des rapports actuels du travail et des dispositions de nos classes ouvrières.
Sur quoi portera le patronage, par quelles œuvres s'exercera-t-il ? c'est ce qu'il faut examiner dans le détail.
Des besoins de la vie ouvrière auxquels doivent répondre les diverses œuvres de patronage.
BN vertu du devoir naturel, aussi bien qu'en vertu de l'obligation qu'impose I chrétien la loi de l'Évangile, les j chefs d'industrie sont tenus de s'employer de tout leur pouvoir à procurer à l'ouvrier, dans !a mesure du possible, la satisfaction de tous ses besoins de la vie spirituelle, intellectuelle et matérielle.
Exposer les œuvres que comporte un patronage et dresser l'état des besoins de la vie ouvrière, c'est la même chose.