LA RELIGION
Le premier des besoins de la vie humaine, dans les rangs les plus élevés comme dans les plus humbles, c'est de connaître, aimer et servir Dieu. L'accomplissement de notre destinée, pour la vieprésente comme pour la vie future, dépend de notre fidélité à garder les commandements divins.
Enseigner à l'ouvrier la doctrine chrétienne,
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l'éclairer sur les commandements que rÉglise lui fait, sur les vertus qu'elle réclame de lui, compléter son instruction religieuse quand elle est insuffisante, ouvrir son intelligence aux choses de Dieu lorsqu'il les ignore, c'est le premier devoir du patron, et la première application du patronage.
L'accomplissement de ce devoir n'est pas, même quant à l'intérêt matériel du patron, chose indifférente. L'ouvrier rendra d'autant plus de services au maître, son travail sera d'autant plus intense, suivi et fructueux, qu'il observera rriieux les lois de la vie chrétienne.
En cette matière, des œuvres nombreuses et diverses se recommandent à notre attention.
D'abord la célébration du dimanche et des fêtes suivant la coutume et l'esprit de l'Eglise catholique. C'est la première sollicitude à avoir, celle qui doit dominer toutes les autres. Si le dimanche est bien observé, l'ouvrier sera assuré du nécessaire de la vie chrétienne.
Lorsque l'extension de l'usine le comporte, l'érection d'une chapelle au milieu des ateliers est d'une grande importance.
Le ministère d'un aumônier attaché à la chapelle a toujours donné, pour les individus et pour les familles, les meilleurs fruits.
Dans les ateliers de moindre importance, un oratoire, les images des Saints, surtout des Saints
qui sont les patrons des métiers, ainsi que des travailleurs et de leurs familles, les emblèmes religieux, les maximes de piété, répandus dans les lieux oîi le travail s'exerce, produisent d'excellents résultats. Le culte de Notre-Dame de rUsine, institué au Val-des-Bois, se présente tout naturellement ici comme exemple.
Si l'esprit général des ateliers est assez fermement chrétien, la prière avant et après le travail sera une pratique à introduire.
La célébration solennelle des fêtes des patrons du travail et de la profession plaît à l'ouvrier el exerce sur lui la plus heureuse influence.
L'extirpation du blasphème et, à certains jours, des cérémonies réparatrices, sont aussi avantageuses à l'ordre des ateliers qu'à la piété.
Les confréries ont de tout temps joué un grand rôle dans la vie ouvrière. Elles .sont, aujourd'hui encore, un des moyens les plus efficaces d'entretenir les habitudes et les affections chrétiennes chez l'ouvrier.
Les c on gré fja lions, pour les ouvriers des deux sexes qui pratiquent la piété au-dessus de l'ordinaire, ont une grande utilité. Elles sont recommandées particulièrement pour les jeunes gens et les jeunes filles.
Pour toutes les œuvres à faire dans l'usine, la présence des religieux et des religieuses, voués à l'instruction et aux soins des malades, est fort à
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souhaiter. Qui pourra mieux gagner la confiance de l'ouvrier, qui lui donnera mieux renseignement et l'exemple des vertus de la vie chrétienne?
Les congrégations religieuses ne pratiquent pas seulement des œuvres d'enseignement et des œuvres de charité proprement dite. Elles se prêtent à toutes les œuvres qui peuvent captiver Touvrier en lui apportant l'assistance dont il a besoin, même dans sa vie matérielle. Leur charité ingénieuse sait trouver partout des moyens de persuasion et de propagande chrétienne. Les petites sœurs de l'ouvrier, de création récente, ont spécialement une mission de patronage dans les ateliers de la grande industrie.
C'est principalement par le contact avec les congrégations religieuses, par la vue de leurs œuvres, autant que par les exemples du patron, qu'on rendra aux ouvriers l'esprit de charité et d'assistance mutuelle que l'individualisme contemporain a si fort altéré. Restaurer l'esprit de fraternité chrétienne, doit être une des grandes préoccupations du patron que la charité inspire. De là dépend le succès des œuvres les plus importantes, qui doivent se faire dans les ateliers sous la direction du patron, mais toujours, qu'on ne l'oublie point, par l'activité propre et le bon vouloir de l'ouvrier.