‹ Le patron, sa fonction, ses devoirs, ses responsabilitésChapitre 13 sur 26 · LA MORALITÉ · texte numérisé non relu

LA MORALITÉ

La moralité de l'ouvrier sera toujours en proportion de ses convictions religieuses.

Toutefois, pour conserver cette moralité, ou pour la restaurer si elle a souffert quelque dommage, il y a à prendre des soins particuiiers-

11 faut d'abord assurer dans l'usine la liberté du bien. Toutes les études faîtes sur les classes ouvrières attestent la tyrannie qu'exercent la corruption et l'impiëtt^ dans les ateliers en général, et dans ceux de la grande industrie en particulier.

La séparation des sexes dans les ateliers, les précautions à prendre pour le moment de la sortie des ouvriers, la répression énergique des discours licencieux et de toutes les manifestations inconvenantes, la surveillance du mouvement dans l'usine, sont les précautions les plus nécessaires: les patrons qui ne font point profession d'indifférence pour la moralité de leurs ouvriers, ne manquent jamais de les prendre.

Des soins particuliers sont nécessaires pour éviter la circulation, dans les ateliers, des écrits impies et licencieux. Mettre dans les mains des ouvriers les bons livres, les publications morales et religieuses en même temps qu'utiles et attrayantes,est toujours uneœuvredes plus fécondes.

II faut que le patron apporte un soin scrupuleu.x au choix des surveillants de l'usine. Les

LES ŒUVRES DE PATRONAGE. I I 5

enquêtes sur la situation des classes industrielles, révèlent le mal que peuvent faire des contremaîtres et des surveillants pervertis. Les surveillants sont les coopérateurs du patron, non seulement pour la fabrication, mais pour toutes les œuvres qui peuvent se faire dans l'usine en faveur des ouvriers. Il faut qu'ils soient choisis en conséquence.

L'influence du patron sur la moralité de l'ouvrier peut s'étendre hors de l'usine. Sans exercer aucune inquisition sur la vie privée, il faut que ie patron se préoccupe néanmoins de tout ce qui pourrait, dans la conduite de l'ouvrier, donner du scandale, ou simplement le mauvais exemple. — Il est bon que le patron, aidé des personnes de sa famille, exerce une certaine surveillance sur les ménages d'ouvriers, sur leurs consommations, sur la distribution des logements dans la demeure de la famille ouvrière.

Pour ces relations avec les ménages d'ouvriers, les sœurs de charité qui portent des secours et des remèdes à domicile, ainsi que toutes les congrégations du même genre, prêtent au patron le concours le plus précieux.

Dans tous les soins que le patron donnera à la moralité de l'ouvrier, il faut qu'il unisse, à la •charité la plus affectueuse, une juste sévérité et une constante fermeté. La récompense pour le bien, la peine pour le mal perpétré avec réflexion

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et insistance, doivent se trouver à la base de tout système de gouvernement moral.

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