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LA SANTÉ ET LA MALADIE

L'hygiène de l'ouvrier, dans l'intérieur des ateliers, est une préoccupation générale chez les patrons qui ont quelque souci de la condition de leur personnel. Il est peu de patrons qui ne prennent pas dans leurs usines les dispositions néces-

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saircs, pour assurer la ventilation et expulser des miasmes nuisibles, pour parer aux accidents, pour combattre et atténuer l'influence délétère de certains genres de travaux.

Quant à la durée du travail, la question présente autant de gravité que de difficulté. La concurrence crée en ceci les obstacles les plus sérieux. Néanmoins les patrons qui ont bonne intention obtiennent des résultats, qui ne sont pas toujours aussi complets qu'ils le souhaiteraient, mais qui sont pourtant assez .sérieux.

Cette question réclame particulièrement l'entente entre les patrons ; elle peut même nécessiter l'intervention de l'autorité. L'action des lois est requise pour aider au bon vouloir des patrons qui ont, en réalité, intérêt à rendre le travail meilleur en limitant sa durée, et à ne point énerver, par des fatigues trop prolongées, la force de production de l'ouvrier. Une entente internationale pourrait être indispensable pour arriver à une solution. C'est aux patrons à la provoquer par un mouvement d'opinion.

On trouve généralement, dans les ateliers bien organisés, l'institution d'une caisse de secours formée par les contributions des ouvriers et enrichie par les largesses du patron. Sur les ressources de cette caisse on paie les soins du médecin, les médicaments, l'indemnité pour les jours de maladie, indemnité qui s'accroît si l'incapacité

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de travail provient d'accidents, résultant du travail même.

La protection des ouvriers, victimes d'accidents dans leur travail, doit être une des principales préoccupations de la charité des patrons. L'association des patrons entre eux, et des ouvriers avec les patrons, peut être de grande utilité pour assurer à l'ouvrier ce que réclament la justice et la charité (ï).

I. Les corporations librement formées par les patrons et les ouvriers peuvent apporter, à cette délicate question, une solution qui donnerait satisfaction aux ouvriers sans rien concéder aux injustes et dangereuses prétentions du socialisme.

Imposer aux patrons, d*une manière ou d'une autre, par l'autorité de la loi, la responsabilité des accidents dont l'ouvrier est victime, l'imposer dans tous les cas, même lorsqu'il y a eu imprudence ou négligence de l'ouvrier, ou bien lorsque l'accident provient de force majeure ou de cas fortuit, c'est, quoi que l'on puisse dire, une application des théories socialistes.

Il y a, dans de telles dispositions, une dérogation à tous les principes de justice et une exception au droit commun. On ne peut, en effet, suivant les règles ordinaires, être déclaré responsable d'un dommage résultant de faits dans lesquels on n'a eu aucune part, dont on n'a été en aucune façon 1^ cause.

Il est bien vrai que c'est du fait de l'industrie montée par le patron que résulte l'accident ; mais l'ouvrier, en s'attachant à l'atelier, savait qu'il s'y exposait, et s'il a implicitement accepté les risques du travail auquel il prêtait son concours, si le maître a pris toutes les précautions nécessaires, établi toute la surveillance requise pour préserver les ouvriers de leur propre imprudence ou de leur négligence, il n'y a aucune apparence de raison de droit

Il faut assimiler, au cas de maladie, celui de Tincapacité de travail devenue incurable, et celui de la vieillesse impuissante au travail. Les caisses de secours et les assurances peuvent fournir les ressources nécessaires.

Le patron prendra des soins particuliers afin que ces institutions si nécessaires soient organisées au moyen des ressources mêmes de l'entreprise et des ressources des travailleurs; ce n'est

pour lui imposer une responsabilité légale. Il peut y avoir lieu, de la part du patron, à une intervention charitable, mais on ne peut rien exiger de lui au nom du droit.

Ce n'est pas à dire qu'il y ait lieu d'exclure toute action du législateur en la matière. Si la loi se bornait à régler le mode d'intervention de l'autorité en ce qui concerne les corporations libres d'assurance établies, avec le concours des ouvriers, par l'initiative charitable des patrons, à garantir l'existence civile de ces corporations, à rendre leur fonctionnement sûr, facile, équitable, il y aurait lieu d'applaudir à cette heureuse immixtion des pouvoirs publics dans les difficultés de la question ouvrière.

Invoquerait-on, pour justifier les solutions socialistes, les bénéfices particuliers que font les chefs d'industrie? mais ces bénéfices n'ont rien d'arbitraire ; ils sont la rémunération d'un travail sui generis. En général ils sont proportionnés aux sacrifices que le patron s'est imposés, à la peine qu'il a prise, à l'habileté de sa direction, aux risques qu'il a courus. L'analyse que nous avons faite plus haut du profit de l'entrepreneur, ne peut laisser, à ce sujet, aucun doute. L'argument n'aurait de valeur qu'au cas où l'on admettrait les théories de Marx et de Lasalle, suivant lesquelles le patron vit et s'engraisse de la substance de l'ouvrier, par un prélèvement non justifié sur les fruits du travail ; mais alors on se déclare purement et simplement socialiste.

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qu'ainsi qu'il empêchera le socialisme d'Etat d'appliquer en cette matière ses dangereuses théories. Si le patron ne remplissait pas ici tout le devoir que la charité lui impose, son incurie fournirait au socialisme officiel des moyens de se justifier devant l'opinion.

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