LA PRÉVOYANCE ET L'ÉCONOMIE
Les croyances et la pratique religieuses, la régularité et la modération dans les habitudes qui
Que l'on n'oublie pas que, si le patron a sa part de gaindans l'entreprise, l'ouvrier y trouve aussi la sienne. Des deux côtés la rémunération est fixée d'après la nature des services rendus. Pourquoi faire peser les suites des accidents sur le patron plutôt que sur les ouvriers ? d'ailleurs,, les gros bénéfices des patrons, bien souvent, ne sont que des chimères. Que de patrons obtiennent à peine le salaire vraiment rémunérateur du travail qu'ils accomplissent t Sans doute les parts du patron et de l'ouvrier ne sont point matériellement égales ; mais elles répondent, dans leur inégalité, à l'inégalité des conditions, fait général de notre existence qui se rencontre dans l'industrie comme ailleurs. Ces parts inégales se trouvent proportionnellement égales, si l'on considère la nature du travail et la capacité de chacun : c'est l'ordre hiérarchique de la vie humaine qu'il faudrait contester, pour mettre en doute la légitimité de la rémunération des patrons. Une fois engagé dans cette voie, on est logiquement conduit jusqu'au socialisme radical. Ce qui est vrai, c'est que le patron,, étant d'une condition supérieure, supérieure pour la richesse comme pour le reste, il doit, aux petits et aux faibles placés sous sa direction, une assistance charitable proportionnée à ses moyens. Mais en ceci il n'y a plus de contrainte légale ; tout est laissé à la conscience et à la liberté.
Peut-être objectera-t-on qu'il ne s'agit que d'une application du principe de la charité légale, institution dont ner
en sont la conséquence, donnent à Touvrier des dispositions à Téconomie.
La tâche du patron, outre les influences générales qu'il exerce sur la conduite de l'ouvrier pour le porter à l'épargne, est de procurer au travailleur qui fait des économies le moyen de les conserver en les plaçant, si minimes qu'elles puissent être, à mesure qu'il les réalise, et le moyen d'assurer au capital, lorsqu'il est formé, un emploi définitif, sûr et fructueux.
Pour atteindre ce but, il sera très utile d'insti-
peuvent se passer les sociétés qui ont perdu les habitudes de la charité chrétienne en se séparant de l'Église catholique qui en est la source. L'objection disparaîtra si l'on veut bien remarquer que la charité légale suppose, au moins en principe, le respect des règles de la justice distributive, et qu'elle fait peser le fardeau des contributions qui fournissent les secours accordés d'autorité aux nécessiteux, sur l'ensemble de la communauté, tandis que les mesures du genre de celles que nous discutons, chargent exceptionnellement une classe déterminée de contribuables déclarés suspects, à raison d'une certaine exploitation, qu'ils sont présumés exercer sur la masse des travailleurs.
Nous nous sommes étendus sur cette question spéciale parce que les raisons qu'on invoque pour la résoudre, s'appliquent à d'autres questions de même genre soulevées en ces derniers temps par le socialisme d'État, notamment,aux assurances contre les chômages, contre la maladie, aux caisses de retraite pour la vieillesse. Dans ces divers cas, les applications varient, mais le principe qui est de faire appel à l'initiative de l'État et à la contrainte de la loi, reste le même, et c'est dans le même ordre de motifs qu'il faut chercher la vraie solution.
LES ŒUVRES DE PATRONAGE
tuer près de l'usine un économat populaire, c*està-dîre un bureau de renseignements, de consultations, de négociations, dans des conditions de complète gratuité quant au service rendu, et n'opérant d'autre prélèvement que celui des déboursés que nécessitent les affaires traitées. Les caisses d'épargne, mieux encore, le crédit populaire, offrent un moyen très avantageux de placer les petites économies.
Pour assurer par l'épargne l'avenir de l'ouvrier, on peut recourir à l'institution des caisses de retraite. Lorsqu'elles sont établies près de l'ouvrier, de façon à ce qu'il puisse en contrôler luimême les opérations, elles lui inspirent confiance. Les combinaisons qu'offrent les assurances sur la vie peuvent aussi être utilisées.