LA STABILITÉ DES ENGAGEMENTS
Tous les soins du patron doivent tendre à établir un lien solide entre l'ouvrier et l'atelier.
Les habitudes de la vie chrétienne préservent l'ouvrier de l'inquiétude d'esprit qui le pousse à changer perpétuellement de condition. Elles éteignent en lui les cupidités et l'indiscipline, qui jettent dans une mobilité irrémédiable les classes populaires lorsqu'elles sont livrées aux instincts démocratiques.
Le patronage crée, entre le maître et l'ouvrier, un lien moral. L'ouvrier s'attache à l'usine dans
laquelle il se voit l'objet d'une sollicttudj stante et désintéressée.
Mais le lien moral ne suffit point; il faut aussi le lien matériel.
Un des meilleurs moyens d'établir ce lien matériel, serait la création d'un patrimoine de l'ouvrier, ou, si l'on veut, d'une masse qui s'accroîtrait des gratifications que l'ouvrier aurait méritées, des répartitions exceptionnelles sur les bénéfices concédées par le patron. Cette masse pourrait être constituée de façon qu'au cas de départ de l'ouvrier sans motif impérieux, avant un certain laps de temps, il n'aurait droit qu'à la restitution de la partie du fonds provenant de ses économies et sans intérêt, tandis que, pour le cas oii il aurait fait dans l'usine un long terme, le fonds dans son intégrité, avec les intérêts capitalisés, lui serait remboursé. Ce remboursement serait fait dans tous les cas lorsque, par l'âge, le moment serait venu pour l'ouvrier d'appliquer à ses besoins les revenus du capital qui forme sa masse.
Comme cette masse proviendrait principalement d'avantages faits gratuitement par le patron, l'ouvrier ne pourrait rien objecter à de pareils arrangements. En tous cas, si les dépôts faits par l'ouvrier avaient contribué à les constituer, il aurait été averti des conditions auxquelles ces dépôts étaient acceptés et il y aurait donné
LES ŒUVRES DE PATRONAGE
assentiment : des dispositions législatives pourraient être nécessaires pour garantir ces arrangements. C'est aux patrons, unis aux plus intelligents parmi les ouvriers, de les réclamer.