‹ Le Patronage des LibérésChapitre 23 sur 37 · RE · texte numérisé non relu

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Pour celles qui dépendent de l’article 67, dont la perversité cousciente a été constatée, internement prolongé dans une maison de réformation avec quartier sévèrement séparé pour les mineures quiauraient êté livrées à une prostitution précoce. Dans la suite, avoir recours à une école professionnelle où ménagère, à une colonie agricole ou à la maison de famille,

2° Pour les jeunes filles de 16 à 21 ans, suivant la qualité du délit et ce qu’on a pu augurer de leur tempérament moral, internement aussi prolongé que possible dans un refuge, genre Bon-Pasteur, Béthanie, Nazareth, Compassion, etc... à Ja condition, cependant qu’elles y entrent et y demeurent de leur plein gré. Pour celles auxquelles la discipline rigoureuse de ces refuges ne pourrait être imposée, nos préférences sont en faveur de leur admission dans une colonie agricole.

3° Pour les adultes, le petit asile temporaire est celui qui répond le mieux aux conditions morales et matérielles, dans lesquelles se trouve cette catégorie de libérés. (1)

(1) Dans ce sens, les vœux suivants ont été votés au Congrès de 1900 : « Le séjour des libérées dans un petit asile temporaire est, dans la plupart des cas, indispensable, pour donner aux Sociétés de Patronage le temps de faire connaître la libérée aux personnes pouvant l’'employer, ou d'attendre le moment favorable de la réconcilier avec sa famille.

« Alors même que ce séjour n’est pas absolument nécessaire pour le reclassement de la libérée, il lui est encore essentiellement profitable, au moral comme au physique, et ne peut que concourir efficacement à son relèvement et à la diminution de la récidive. »

A ces vœux, Mme d’Abbadie d’Arrast et M. le Jeune ont fait ajouter le suivant: Il est indispensable que les petits asiles soient organisés de façon à établir la séparation individuelle pendant la nuit. Il est

recommandé également que chacun de ces asiles ne contienne pas plus de 15 femmes simultanément.

4° Enfin, pour cette dernière catégorie de libérées, qui n’a peut-être pas jusqu'ici assez attiré l’attention des sociétés pénitentiaires et de l’Assistance publique, celles qui sont isolées, privées de domicile, âgées, malades ou infirmes, pour ces professionnelles invétérées du vol, du vagabondage, de la mendicité, de l’inconduite et de l’alcoolisme, invalides volontaires du travail, vaguant incessamment de la rue aux abris suspects, et de là, inévitablement reconduites à la maison d'arrêt, dont elles sont devenues les habituées, exclues, en raison de leur multiples condamnations, des hospices civils et des asiles religieux réservés à la vieillesse honnête et besogneuse, une hospitalisation permanente et séparée semble s'imposer en leur faveur, et aussi comme sauvegarde de la société. La société protectrice des animaux trouve des ressources pour abriter les chiens aveugles et les vieux chevaux épuisés par un long et pénible service; ne serait-ce pas un devoir d'humanité d'offrir un asile à la vieillesse coupable etabandonnée, afin qu’au soir de leur vie, ces malheureuses épaves du vice retrouvent, dans la dignité reconquise, l’apaisement des choses qui finissent, et le repentir, leur part d'espérance à l’universelle et miséricordieuse Rédemption, promise à tout cœur humilié et brisé par le regret... » (1) . Nous ne voulons pas discuter cette dernière idée de M"° Gérin, cela nous entraînerait trop loin. Nous avons voulu seulement citer ses conclusions, pour

(1) Bulletin de l'Union des Sociétés de patronage de France, 1900, page 38.

montrer que l'asile, sous toutes ses formes, était accepté pour les femmes. Il en est ainsi, même dans les pays qui le repoussent encore pour les hommes.

Au cours de cette discussion, le terme d’usile permanent est souvent revenu. Sur ce point, en effet, une vérité tend à se faire jour de plus en plus: c’est que, pour beaucoup de libérés, un long séjour à l’asile est nécessaire. :

Nous allons nous occuper de cette catégorie d’individus en un appendice spécial.

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