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À. — LE LIBÉRÉ EST UN FRANCAIS

Si l’on a réussi à réconcilier le libéré avec sa famille ou avec son ancien patron, il faut se hâter de le renvoyer chez lui.

1° Transport en chemin de fer.

Pour faire transporter les libérés, deux systèmes peuvent être employés :

a) Les Sociétés de Patronage peuvent s'adresser directement aux Compagnies de Chemins de fer et leur demander le demi-tarif. Il faut faire cette demande à l’avance aux différents réseaux sur lesquels le voyage doit avoir lieu.

b) On peut demander à la Préfecture d’user de son droit de réquisition pour le transport des indigents. L’Administration adresse cette réquisition aux représentants des Compagnies de Chemin de fer qui, après

le transport effectué, en réclamentle prix au Préfet du département d’où émane la réquisition. Ce dernier aura ensuite une part proportionnelle à se faire rembourser par chacun des départements traversés. (1)

2° Voyage à pied.

A ce rapatriement en chemin de fer, M. l’Abhbé Villion préfère le rapatriement à pied. Il accueille avec plus de plaisir ceux qui arrivent à son refuge de Couzon, étape par étape. Ainsi, dit-il, ils ontdéjà donné une preuve solide de leur bon désir de se relever.

Cela est exact. Mais il est bien à craindre que le nombre des rapatriés de c?tte facon qui arriveront à bon port soit bien restreint. Est-il prudent d’exposer ainsi à toutes les séductions de la vie libre, des hommes qui sortent de prison et dont la volonté est le plus souvent faible et vacillante?

— Une difficulté qui se présente pour le rapatriement, est l'interdiction de séjour. Aussi, le bureau central a-t-il émis le vœu suivant, le 18 mai 1897 :

1° Que la liste des villes interdites ne soit pas augmentée, mais bien plutôt révisée.

2° Qu'on facilite en province l’obtention de permis de séjour, sous la garantie des Sociétés de Patronage. Ces permis sont accordés par les préfets, sous forme de sursis de départ renouvelable et révocable.

(1) Circulaire du Ministère de l'Intérieur, 8 décembre 1865 (Bulletin officiel du Ministère de l'Intérieur, 1865, page 684.

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