‹ Le Patronage des LibérésChapitre 8 sur 37 · ER : ER · texte numérisé non relu

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Allemagne.

Pendant toute la seconde moitié de notre siècle, le patronage s’est régulièrement développé; en 1857, on peut signaler la remise de la direction du Patronage dans le grand-duché d’Oldembourg, au conseil supérieur des Eglises; en 1881,la fondation de la société centrale de Hanovre, à laquelle se rattachèrent 44 sociétés locales; en 1885, on consiatait l’existence d’une société de patronage dans chacun des 59 districts du duché de Bade.

En 1889, au mois de septembre, le premier congrès de patronage se réunit à Fribourg-en-Brisgau. On émit là le vœu d’une centralisation générale. En 1892, ce vœu était exaucé ; on créait un organe central, et les 16-17 mai 1894, la première Assemblée de l’Union des sociétés de Patronage de l’Empire d'Allemagne avaitlieu à Brunswick{t)}. — Un deuxième congrès se tint à Eisenach, en mai 1896; un troisième congrès, les 5 et 6 septembre 1898, à Münich. On y décida de créer à Berlin une union des sociétés d'intérêt public, destinée à unifier les efforts de toutes les associations qui s'occupent de patronage, de bienfaisance, de protection de l’enfance. On y fonda aussiune feuille spéciale destinée à servir d’organe à l’Union demandée ; elle est rédi-

(1) Cette Union est inspirée par l’Union anglaise des maisons de réforme et de refuge qui a produit de si excellents résultats et dont nous parlons plus loin (page 54).

gée par M. le Pasteur von Koblinski, et publie deux numéros par an: ces deux numéros sont encartés dans les numéros correspondants du journal de la Science pénitentiaire.

Entre temps, une circulaire des ministres de l’Intérieuret dela Justice, du 19 juin 1895, avait décidé: 1° que le pécule du libéré serait remis à la société de patronage ; 2° que ce pécule serait employé pour le libéré ou sa famille : 3° que, dans le cas où. le libéré refuserait le patronage, le solde qui ne Jui aurait pas été remis de la main à la main par le directeur de la prison, resterait la propriété de l'Administration.

— Il est impossible de dresser la liste même des sociétés de patronage importantes de l’Allemagne. Toutes les provinces ont rivalisé d'initiative et d’ingéniosité : en Prusse, citons les Unions de Berlin, de Brandebourg, de Francfort, de Postdam; dans la province du Rhin et de Westphalie, les asiles de Lintorf, Enger, Liprspringe, Kaiserswerth ; le patronage est également florissant dans les provinces de Hesse-Darmstadt, Hesse-Nassau, Saxe et surtout Silésie, dont les œuvres se recommandent par une excellente organisation (1). Enfin, signalons un dernier fait : la société de Berlin pour lamélioration morale des prisonniers a créé une section qui

(1) La société de Gœrlitz, fondée depuis 1874, s’ingénie à pouvoir traiter les libérés suivant leur tempérament : pour les uns, il y a un débit de bois à brûler ; pour les autres, un bureau d'écriture ; d’autres sont placés; d’autres, envoyés à la colonie ouvrière de Wunscha, près de Rietschen (Silésie). Depuis 1884, on a créé un asile pour les femmes, asile dirigé par un pasteur, qui s'occupe en même temps de la ligue antialcoolique de la Croix-Bleue,

es DT à doit spécialement s'occuper du patronage des enfants des prisonniers (22 juin 1899), afin de secourir les parents de ces prisonniers qui ont des créances alimentaires à exercer contre ces derniers. Il existe déjà une œuvre italienne similaire (1).

Hollande.

La société néerlandaise, fondée en 1823, s’est admirablement organisée. Elle a un budgetde 28,500 fr. {environ 13,000 florins) et a dépensé en 1897, 11,782 florins, 79. Le nombre de ses adhérents est fort élevé (2). Cette Sociêté se divise en autant de sections qu’il y a de tribunaux. Quatre fois par an, les commissions administratives des Prisons lui envoient la liste des détenus libérables dans les trois mois, avec mention de la commune où ils comptent se retirer. La Société envoie alors dans chacune de ses sections les noms qui l’intéressent. Un comité de direction, chargé de l'Administration supérieure, siège à Amsterdam. Enfin, depuis cinquante ansenviron, cette Société a créé des colonies libres de travailleurs.

Suisse.

En 1881, on jeta à Zürich les bases d'une union intercantonale des patronages. Le 10 septembre 1887, la société de Neuchâtel fut chargée, à la réunion de

(1) Revue Pénitentiaire, 1898, p. 339 et [101. (2) Revue Pénitentiaire, 1899, p. 386.

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Fribourg, d'élaborer les statuts de cette union. Enfin, le 30 juillet 1888, dix-huit déléguës des onze sociétés de patronage votèrent à Olten, les statuts de cette union pour assurer de canton à canton le rapatriement des libérés. Le comité est formé par l’une des sociétés adhérentes à l’Union; cette société est élue pour deux ans. Mais au Congrès de Saint-Gall, en 1893, on créa un Comité central permanent. Ce comité essaie depuis longtemps d’organiser le patronage international.

L'union des patronages suisses groupe actuellement seize sociétés : Genève, Bâle (deux sociétés), Vaud, Saint-Gall {le patronage y est obligatoire pendant trois mois au moins et trois ans au plus, Zürich (société centrale qui groupe onze comités), Glaris, où le patronage est exercé par la commission administrative, Neuchâtel (nouvelle société née en 1871, lors de l’inauguration du grand Pénitencier), Lucerne, Thurgovie, Argovie, Appenzell, Schaffouse, Fribourg, Zug et les Grisons. Dans d’autres cantons, le patronage est organisé administrativement. Enfin, des colonies agricoles, comme celles de Taunenhof (canton de Berne) et de Herdern (canton de Thurgovie), fondée en 1895, exercent le patronage et l’assistance par le travail; cette dernière compte deux cents arpents et peut recevoir cent colons; elle a coûté 226,000 fr.

Les patronages suisses, comme la société de Berlin, secourent les familles des libérés.

Suède.

M. Almquist groupa en 1879 les vingt sociétés de patronage existantes et soumises à l’administration générale des prisons. A Stockholm, deux asiles sont réservés aux femmes libérées, et un autre asile, sorte d'établissement d'éducation, aux jéunes délinquants. En Norwège, les sociétés de patronage sont florissantes : près de Christiania, se trouve une maison d’amendement, fondée par les particuliers. Depuis 1878, l'Etat accorde des subventions au patronage. De plus, d'importants secours sont prélevés sur les bénéfices de la société autorisée à la vente et au débit de l’eau-de-vie à Christiania (1).

Danemark.

Les sociétés de patronage se fondèrent à Copenhague (1842), dans l’île de Fionie (1858), à Horsens (1859), à Viborg et à Vridolesville en 1860. Un premier congrès eut lieu en 1891. On y créa une organisation centrale de ces sociétés, qui furent mises sous l’autorité du président de la société de Copenhaoue et de quelques autres personnes, parmi lesquelles, l’inspecteur général des prisons.

(1) Cf. And. Faerden. Le patronage des libérés en Norwège, Revue pénitentiaire, 1900, page 153.

Angleterre.

L’Angleterre, depuis 1802, connaissait le patronage. Il correspondait trop bien a ses idées favorites d’évangélisation .pour n’avoir pas été pratiqué par elle. Nous avons vu les efforts de John Howard et d’Elisabeth Fry. Ces efforts n’avaient pas été infructueux, et des sociétés de patronage avaieht commencé peu à peu à s'établir, mais sans lien, sans rapports réciproques, sans but idéntique.

En 1856, se produisit un fait décisif. Ce fut la fondation de l’Union des maisons de réforme et de refuge. Cetté union, ayant pour devise : Chercher et sauver tout ce quiélait perdu, commença à grouper toutes les œuvres sociales. Dès lors, le point d'appui était donné. L’année suivante, le patronage devenait une institution officielle par la création de la société royale pour l’assistance des libérés (décharged prisoner’s aid Society). Le siège de cette société est à Londres. Elle était placée directement sous les auspices de la Reine. Elle s'occupe du patronage des. convicts, tandis que, à côté, l'œuvre, de Nine-Elms, s'occupe des femmes libérées. Ces sociétés furent immédiatement suivies d’une douzaine d’autres, qui prirent bientôt une influence considérable, Voici comment:

L'acte des prisons de 1823 avait décidé que les juges inspecteurs pourraient accorder aux détenus sans ressources et sur le point d’être libérés un secours pris sur le fond d'entretien des Prisons. La .

sr loi du 19 juillet 1862 vint décider que partout où existeraient des sociétés de patronage, elles recevraient deux livres sterling par iñdividu protégé, à condition qu’elles se feraient reconnaître, c’est-àdire qu’elles feraient approuver leurs statuts et se soumettraient au contrôle de l'Etat.

C’est sur ces bases que se développa le patronage en Angleterre. Tout en laissant la direction de l'œuvre à l'initiative privée, le Gouvernement sut l’appuyer efficacement ; et avant 1870, l'Angleterre était la seule nation d'Europe où le patronage fut vraiment organisé. \ La loi de 1877, sur les prisons, en son article 29, cousacra-la loi de 1862, en y ajoutant certaines mesures de règlementation : le patronage doit être reconnu au moment de l'attribution du secours ; le secrétaire doit remettre un reçu contenant l'engagement d'employer la somme dans l'intérêt du libéré. Cette loi met également à la charge de l’Etat les dépenses faites pour ramener dans son pays un libéré d’une prison située hors du comté auquel il appartient. Le 28 Juin 1877, la Chambre des lords a approuvé cette reconnaissance officielle du Patronage. Ces dispositions législatives lui ont communiqué un nouvel essor; les sociétés de patronage se sont multipliées sur le sol de la Grande-Bretagne. Aujourd’hui, ces institutions s’occupent :

4° De la protection des convicts libérés. La société royale de Londres, présidée par le duc de Westminstér, sous les auspices du Roi, a un budget de 115 à 160,000 fr. Elle patronne par elle-même ou par ses correspondants les deux tiers des convicts

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libérés. Cette société se substitue, sur sa demande, à l’action de la police pour la surveillance des libérés, surveillance créée en 1864, sous ce titre : Police supervision. Cette surveillance, exercée par la police, est très dure. Le patronage, au contraire, l’a beaucoup adoucie. Il prend la responsabilité de la surveillance. Les libérés ont tout intérêt à invoquer la protection du patronage, qui trouve, danscetle surveillance, un moyen d’action très efficace, puisqu’il peut toujours menacer les libérés de les rendre à la police.

2° De la protection des détenus des villes et des comtés.

Il y a aujourd’hui 68 sociétés de patronage qui s’occupent spécialement des adultes. Elles sont aidées dans leur choix par des magistrats visiteurs ; Elles ont le droit de révoquer la libération conditionnelle. Elles s’efforcent enfin d’avoir dans chaque ville un agent salarié.

Ces sociétés ne sont pas favorables aux asiles pour les hommes. Mais il existe de nombreux asiles et refuges pour les femmes et les enfants.

Elles sontdirigées par un comité central à Londres, administré par un conseil général comnosé des délégués des associations et dirigé par un comité exécutif, nommé par le Conseil général.

En Ecosse et en Irlande, il y a quelques sociétés de Patronage. C’est une agence administrative qui s’occupe de l’œuvre en Irlande.

— L'union des maisons de réforme et de refuge, dont l'influence a été si considérable, fonctionne aujourd’huisur unegrande échelle.

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