‹ Le pâturage en forêtChapitre 17 sur 89 · LL · texte numérisé non relu

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dire qu’il peut varier depuis zéro, sous le massif complet et bien tenu, jusqu'au maximum indiqué pour les taillis dans les clairières et les coupes blanches.

Comme dans le groupe précédent, on ne peut apprécier la valeur du pâturage que par l'élendue des vides et des clairières que présente le massif considéré. Hors de là, tout est trouble.

b) Futaies pleines résineuses. Sapinières et pessières. — Ce qui éloigne le bétail des sapinières et des pessières soumises au mode du réensemencement naturel et des éclaircies, c’est d'abord leur rendement élevé, car on n'égorge pas toujours la poule aux œufs d'or; ce sont ensuite les ressources herbagères presque nulles qu'elles offrent au pasteur.

Dès que le massif est constilué, c’est-à-dire vers quarante ou cinquante ans, le sol ne porte plus qu’un feutre glissant de mousse et d'aiguilles sèches, clairement duveté de Vinca minor, Hedera helix, Asperula odorata, Oxalis acetosella, Pyrola rotundifolia, Pyrola minor, Monotropa hypophitis. La plus maigre des vaches de l'Écriture n’y trouverait pas sa vie.

Cette pauvreté de la flore demeure pendant longtemps comme le trait saillant de la sapiniere, dont toute l'énergie est dépensée à la fabrication du bois. On sait les merveilles qu’elle enfante. I n’y a guère que les dernières coupes d’éclaircie qui réveillent le tapis végétal. Celui-ci ne prolonge sa veillée des armes que dans les vides et les clairières, dans les laies et les sommières, sur les bordures ouvertes de la forêt où se tient le bétail qui affronte la faim et les taons. Quand la hache a donné, en deuxième affectation, un peu de jour, la futaie ne se trouvant plus assez plastique pour augmenter rapidement sa ramure, le sol se brode d’une végétation encore clairsemée d'herbes variées. |

Ce sera dans les terrains calcaires : Atragene alpina, Thalictrum majus, Ranunculus platanifolius, Dentaria pinnata, Dentaria digitata, Mercurialis perennis, Viola mirabilis, Geranium sylraticum, Lathyrus vernus, Veronica urticæfolia, Veronica montana, Melampyrum sylvaticum, Calamintha alpina, Polygonatum multiflorum, Convallaria maïalis, Maianthemum bifolium, Leucoïum vernum, Arum maculatum, puis quelques luzules (L. vernalis, L. flavescens), aux feuilles dures et coriaces; enfin, des fétuques plus abondantes (F. sylvatica, F. tenuifohia), dont le fin gramen s’étend comme une mousseline sur le tapis d’aiguilles sèches. Mais tout cela si maigre qu’une vache en. a bien vite épuisé la coupe sur un hectare en moins d'une se-

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