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maine, si rare que la faucille la mieux emmanchée ne peut y mordre. |
Dans les terrains argileux, l’évolution est beaucoup plus promple. Le moindre filet de lumière fait surgir Thalictrum flavum, Ranunculus aconitifolius, Cardamine impatiens, Viola biflora, Stellaria nemo-
rum, Hypericum Mrsutum, Hypericum montanum, Lathyrus latifolius,
Saxifraga rotundifolia, Knautia sylvatica, Adenostyles bifrons, Adenostyles alpina, Petasites albus, Prenanthes purpurea, Mulgedium alpinum, Mulgedium plumieri, Phyteuma orbiculare, Gentiana pneumonanthe, Gentiana asclepiadea, Melampyrum nemorosum, Salvia glutinosa, Stachys sylvatica, Mercurialis perennis, Paris quadrifolia, Polygonatum verticillatum, Pteris aquilina, Polystichum filix-mas. Malheur aux terrains livrés à la puissance de cette flore! Malheur au sol dénudé
, qui lui est offert ! Mieux vaudraient peut-être la bruyère et l’airelle.
* Dans les terrains calcaires, une éclaircie trop forte fait générale-
ment sortir de terre une nuée de morts-bois qui suscitent euxmêmes la production du semis ; mais, dans les terrains argileux el ferliles, la même opération provoque le gazonnement durable du parquet, le gaspillage des forces productives et l'introduction meurtrière du bétail. Ainsi naissent et s'étendent les vides de nos sapinières. Ces herbes si haules et si drues, qui foisonnent un peu partout sous les massifs argileux clairiérés, sont pourtant une pauvre pâture. Le bétail les foule d’un air distrait, et s'attaque de préférence aux ronces, aux arbrisseaux, aux feuillus, qui en rompent çà et là la trame, et qui s'apprêtent à les décimer. Ce qui l’attire el ce qui le retient, c’est le vide ancien, bien pourvu de gramen, dont il étend sans cesse la tache, de connivence avec le berger, qui brüle le tronc ou annele le fût. Sur 100 kilogrammes de grande herbe ainsi produite, dix à peine sont utilisés par la vache ou la génisse. La ration d’une vache au vert étant environ . de 25 kilogrammes par jour, il faudrait que l’hectare rapportät 2,000 kilogrammes de cette herbe pour nourrir pendant une semaine une seule bête aumaille. Autant dire qu’il faudrait détruire . la forêt!
Dans les terrains siliceux, la bruyère, les genêts et les airelles ont toujours un pied dans les massifs les mieux tenus. Ils restent à l'affût sur le haut d’un tertre rocheux, sur le sommet d’une taupinière, au centre d’un vide ou dans un coin perdu de sommière. Les dernières éclaircies, si uliles au massif, peuvent, si elles sont trop fortes, gravement compromettre la régénération ultérieure, dont
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