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on est séparé par quelque quinze ans, en livrant le sol aux plantes sociales de la lande. Peu touffues et comme égrenées sous le massif, encore grêles dans les vides où elles s’affament, elles se répandent très vite dans les clairières, et grassement nourries par l’'humus, elles y atteignent une taille gigantesque et une vigueur exubérante. Le bétail lui-même a peine à s'y frayer passage el n’y trouve rien à brouter.
La phase herbacée ne commence vraiment dans de telles forêts qu'au moment des coupes de régénération. Moins elle est longne, plus est facile la tâche du sylviculteur. C’est pour cela qu'il ne faut jamais netloyer le sol des sapinières, ni recéper la végétation basse et buissonnante des feuillus et des arbrisseaux qui maintient l'herbe en respect.
Pour qui sait combien est fragile la plantule de sapin, combien est tendre le jeune plant d’épicéa, il est inutile de dire que la récolte, à la faucille, des herbes, doit être sévèrement proscrite des parcelles en voie de régénération. Pour nourrir un veau, on perdrait une vache. Et, s’il y a des ronces, des paquets de framboisiers, ce n’est pas du bétail qu’il faut attendre le salut, mais du temps qui éclaircil le roncier, du mort-bois ou du feuillu qui s’y jette el qui relève le couvert. Si vous faites fouler et brouter la ronce, vous arrivez nécessairement au pré, et le pré ne vous conduira à la forêt que par l'intermédiaire de la plantation ou par la répétition de la phase arbustive. Touchant au but, vous vous serez arrêté, pris d’essoufflement ou de vertige. |
Peu à peu, le fourré naît par bouquets, les plantes des clairières et de la lande sont refoulées dans les espaces vides. Vers 20 ou 25 ans, la faucille peut glaner un ou deux quintaux d'herbe par hectare, qui ne valent certainement pas la facon, quel que soit le sol dont ils proviennent.
En résumé, la futaie pleine résineuse n'offre au pâturage que des ressonrces absolument dérisoires en dehors de ses vides, de ses sommières el de ses lignes, en dehors aussi des parcelles que l’on régénère - ou qui sont régénérées depuis peu et où l'introduction du bétail équivaudrait à la destruction complète de la forêt.
Quant aux vides, leur production moyenne est consignée dans le tableau suivant :