‹ Le pâturage en forêtChapitre 35 sur 89 · ED EE · texte numérisé non relu

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connées el plus ou moins analogues aux tronchées de dus Il a pu

aussi découvrir plus rarement, dans des versants abrupts de la région alpestre, des laillis de hêtre exploités en têtards, dont les troncs tres distants les uns des autres étaient couverts de mousse, et au milieu desquels se montraient des ifs admirables. Ces peuplements centenaires existent aussi, çà et là, dans les Alpes suisses, également dans des lieux escarpés, où l’on risque la mort; et notre cher collègue, M. le docteur Fankhauser, a cru devoir les attribuer au rôle de protection qu'ils remplissaient dans l'esprit des populations d'alors. Si cela est, les montagnards actuels ont bien dégénéré. Pour nous, nous ne pouvons y voir qu’un

mode d'exploitation basé exclusivement sur l'utilisation de la.

feuille et de l'herbe. La chèvre et le mouton hantaient ces versants aujourd'hui décharnés, et le montagnard récoltait les jeunes pousses, maintenues hors de leurs atteintes, pour nourrir son trou-

peau pendant l'hiver. Le temps et le code ont fait justice de ces

errements détestables.

Ce n’est plus là, d’ailleurs, que s’est porté l'effort du pasteur : il ne regarde plus en bas, mais en haut: Nous le suivrons en éludiant les forêts de protection.

Pour l'instant, nous nous bornerons à constater que tous les

modes d'exploitation, où l’on avait en vue la récolte mixte de

l'herbe et du boïs, ont disparu ou sont en train de disparaître par la force même des choses. Le bois a triomphé de l’herbe. Cela seul ne prouve-t-il pas combien est faible l’utilité du pâturage en forêt ?

Dans le même ordre d’idées, que sont devenus les bois marmenteaux (d’armenta, bestiaux), bois de plaisir des Romains, parcours boisés des seigneurs du moyen âge ? C’est à peine si le souvenir en vil encore chez quelques forestiers érudits. Saint-Yon, qui écrivait

vers le xvi° siècle, nous dit que ces hautes futaies n'étaient abatiues

que pour crime de lèse-majesté, afin de détruire les marques de la

maison où l’on avait commis pareil crime. Ces parcours boisés ré-

pondaient évidemment à quelque nécessité économique M De disparue (probablement le panage).

De tous les régimes mixtes entre l’herbe et le bois, nous ne voyons que les prés-bois des régions montagneuses qui aient survécu au temps; mais ils sont plus une culture imposée par le climat et la nature, qu'une exploitation raisonnée de la part de l’homme. Cela est si vrai que les Alpes n’ont plus de prés-bois.

2. Rôle des foréts en temps de crise agricole. — Un des plus graves

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défauts du cullivateur est l’imprévoyance : il vit au jour le jour et se trouve pris au dépourvu,-dès que le cours des saisons ne se fait pas normalement. En particulier, les époques de sécheresse léprouvent fort, faute de provisions, et c’est à la forêt qu'il demande un vain remède à ses maux. Il s'inquiète peu de savoir ce qu’elle deviendra, ce qu’elle est en mesure de lui donner sans souffrir ; il la voit, il la veut, et il l’aura. Plus tard, quand elle est épuisée, il se détourne d'elle et se plaint amérement de l’insuffisance de ses revenus. Ses mandataires en accusent immédiatement les forestiers qui la gèrent ou les aménagements qui la régissent. Nous comprenons à la rigueur qu’en temps calamiteux, la forêt redevienne une providence pour le pasteur ; mais nous demandons qu'il y aitréciprocité, et que, la crise passée, on fasse la balance du doit et de l’avoir, c’est-à-dire que les communes ou les particuliers restituent la valeur vénale de l’herbe et du bois qu'ils ont enlevés, afin de panser les plaies qu'ils ont ouvertes.

Il n’est pas probable qu'on arrive jamais à faire restituer la valeur de l'herbe et du bois digérés. Mais on pourrait faire payer une taxe avant de recevoir le bétail en forêt, au lieu de l’admettre partout, sans condilions. Ne demanderait-on que 5 francs, même seulement 2 francs par bête aumaille, beaucoup de forêts resteraient indemnes; en mainte commune, ce sont uniquement quelques individus qui, en tels cas, lâchent leurs bêtes au bois, dégradant le bien de tous pour un intérêt particulier. Quand on refuse de payer à francs pour une vache, c’est qu’elle n’est pas exposée à périr.

Si lon veut bien se reporter aux chapitres précédents, on verra d’ailleurs que les ressources herbagères offertes par la forêt en temps de sécheresse sont des plus minimes : le bétail vit moins du foin qu'il trouve que des rameaux qu'il broute. La triste année 1893 a fourni une démonstration éclatante des faits que nous avançons là; le pâturage en forêt a ruiné maints cantons.

Instruits par l'expérience, les propriétaires devront, en pareil cas, s’efforcer de résister à toute extension ruineuse du parcours, et se retrancher derrière l’avis et les travaux des agronomes et des savants, qui ont trouvé dans les feuilles et dans le bois un succédané du foin. |

L'utilisation des feuilles et des ramilles,a fait l’objet, en 1893, de nombreuses éludes. Nous en ferons brièvement connaître les principaux résultats.

Lu

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