MINÉRALES | GRASSES |[AZOTÉES AZOTÉS
Foin de prairie. . 6.50 Taûs 1.50 48.50 23.
Foin de luzerne .| Id. 6.50 2.50 13 » 46.20 30 » Feuilles ST, : 8.15 3.95: 13.29 20.63 11.98 Palle sr x : 1 » LU A AE 45 » 5 ARE Branchettes . . . ? 3.35 1.71 415 49.79 29 »
On voit qu'au point de vue de la richesse en principes nutritifs bruts, il y a, entre la feuille et le rameau qui la porte, une différence encore plus sensible qu'entre le foin et la paille. Et, à ne considérer que l'analyse, la feuille se montrerait supérieure au foin de prairie, mais, par contre, la ramille différerait peu de la paille.
Feuilles. — D’après les recherches entreprises sur différents points en 1895, 100 kilos de foin peuvent être remplacés par 150 kilos de feuilles fraiches ou 80 kilos de feuilles sèches. .
Le fourrage le plus riche en protéine, et par suite aussi le plus digestif, est fourni par les jeunes feuilles; mais celles-ci ont le grave inconvénient d’altérer la santé du bétail, et de provoquer de dangereuses hématuries. Le poids des substances alimentaires augmente dans les feuilles jusqu’en juillet, époque où il atteint son maximum, puis il décline légèrement pendant les mois d'août et de septembre. À ce moment, le taux de digestibibité est moins élevé, mais les accidents sont aussi beaucoup plus rares.
Comme on ne peut songer à effeuiller les arbres et les rameaux, la nourriture est donnée au bétail sous forme de petits fagots. Les animaux de la ferme consomment assez facilement les feuilles, mais ne broutent que l'extrémité molle et tendre des brindilles.
Les feuilles, qui constituent une bonne ration d’entrelien, donnent au lait un goût de verdure désagréable.
Bien entendu, l'usage de ce fourrage ne peut se généraliser en dehors des années de détresse, à cause de son prix de revient relativement trop élevé. |
Foin de bois. — On a désigné sous le nom de foin de bois des branchettes sans feuilles, récoltées en hiver, présentant un demicentimètre de diamètre et moins, et qui sont passées au hachepaille, puis broyées. Cet aliment, additionné de sel, est accepté
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sans trop de répugnance et sans inconvénients pour la santé par les différents animaux de la ferme. C’est, néanmoins, une pauvre nourriture.
Emploi simultané des feuilles et des ramalles. — Entre l'emploi exclusif des feuilles et celui des branchettes, il y a un moyen terme consistant à utiliser les feuilles et les ramilles, c’est-à-dire le feuillard ou feuillerain. Les branchettes d’un centimètre de diamètre au plus, provenant d’une exploitation forestière quelconque, sont soigneusement coupées à la serpe, et mises en fagots à un lien. Ces fagots sont ensuite conduits à la maison et donnés à l’état sec ou à l’état frais.
A l’état sec, ils conviennent surtout aux bêtes ovines ; mais la dessiccation abaisse considérablement les coefficients de digestibilité des principes alimentaires, et les feuilles seules sont utilisées. Pour faire sécher les fagots, on les étend à l'ombre, sous des hangars ou dans des granges, par petits lits, afin d'éviter l’envahisse-
ment des moisissures, puis on les porte dans les greniers ou bien
on les met en meules dans un endroit bien aéré.
A l’état vert, ils peuvent être consommés par tous les animaux, mais il convient d'adopter l'ensilage comme mode de conservation. Dans la petite culture, cet ensilage peut se faire économiquement en des cuves ou des futailles. On coupe et on recèpe branches et rameaux, et on en détache immédiatement les ramilles de l’année, que l’on élend par lits de 020 à 025. Chacun de ces lits est fortement tassé, arrosé légèrement d’eau et saupoudré de sel. On ferme herméliquement, on garnit d'un couvercle qui peut s’enfoncer sous le poids de grosses pierres. Au bout de deux mois, le silo peut être ouvert. Malgré toutes les précautions, l’ensilage du feuillerain est difficile, car il se prête peu à la compression. On facilite beaucoup le travail et la digestibilité du produit, en hachant les
brindilles vertes au moyen d’un hache-paille ou d’un hache-maïs.
La ration journalière d’une vache varie, suivant son poids, entre 8 et 10 kilos de cette choucroute.
Ces différentes manipulations, longues et onéreuses, ne se justifient que dans les années d’extrème disette..
Essences à employer. — Tilleul, Érable, Vigne, Nerprun, Bourdaine, Robinier, Cerisier, Alisier, Sorbier, Amélanchier, Cornouiller, Frêne, Mürier, Orme, Hêtre, Châtaignier, Chêne, Charme, Coudrier, Saule, Peuplier.
Opérations forestières permettant la récolte du feuillerain. — Voici
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l'énumération des différentes opérations forestières qui peuvent fournir des ressources étendues à l’agriculture, dans le cours de chaque saison :
Hiver. — Transformation en foin de bois des brindilles sn des coupes en exploitation.
Printemps. — Détrapage des vieux taillis. — Recépage dans les jeunes coupes des cepées de charme et de morts-bois.
Été. — Émondage des réserves. — Nettoiements et dégagements de semis.
Automne. — Coupe anticipée des taillis (fin septembre) avant leur défoliaison complète.
3. Panage. — Récolte des glands et des faînes. — Après avoir été, pour nos ancêlres, une source importante de richesse, le panage est tombé en désuétude dans la plupart de nos forêts. Du temps de la domination romaine, les jambons de la Séquanaise étaient fort recherchés. Ils devaient cette vogue aux futaies de chêne, dont les glands nourrissaient des troupeaux innombrables de porcs. Jusqu'au xvin* siècle, le panage constituait une certaine part du revenu forestier. Dans son beau livre sur la forêt des Crochères, M. Picard relate les prix d'adjudication de la glandée dans la seule forêt d’Auxonne (Côte-d'Or), contenant environ 1,355 hectares. Ils étaient :
En 1761, de 2,200 livres;
En 1762, de 2,300 livres ;
En 1764, de 1,200 livres ;
En 1778, de 9280 livres;
En 1785, de 930 livres.
Hâtons-nous de dire que le panage et le pâturage juxtaposés avaient mis cette forêt dans le plus triste état.
C’est à Varennes de Fenille que revient l’honneur d’avoir montré les inconvénients du panage et le préjudice qu’il porte au repeuplement des bois. Son mémoire sur la matière est définitif, donc toujours utile à citer.
Ayant été consulté sur le point suivant :
« Est-il plus avantageux de donner la glandée de la forêt de Seil- « lon à un troupeau de porcs que de ne pas la donner? Cette glan- « dée vaudrait 1,500 livres. Mais cet animal, avec son boutoir, ne causerait-il pas aux jeunes plants un dommage plus considérable que ne le serait le profit à faire sur la glandée? »
Il en fit l’objet d’une étude spéciale.
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La question était bien posée, il y fut clairement répondu :
« Ce n’est pas précisément par la consommation des glands qui tombent des arbres pendant l’année où l’on permet la pâture de la glandée, que le panage est nuisible. Peu de ces glands auraient germé, et l’on sait qu'un porc en enterre avec son boutoir au moins autant qu'il en dévore. C’est principalement sur les glands plus anciennement germés que cet animal exerce sa voracité. Il est singulièrement avide de la racine succulente qui forme le pivot du jeune chêne; de sorte que si l'on conduit habituellement chaque année des troupeaux de cochons dans la même forêt, tout est englouti, tout disparaît, on ne doit plus compter sur aucun peuplement.
« La forêt de Seillon m'a paru terre ouverte; je n’y ai guère aperçu de clôture qu’autour des taillis. Le bétail des domaines dépendants de la Chartreuse propriétaire y pâture en liberté, et peut-
être est-elle fréquentée par le bétail des domaines voisins; peut-
être même celte vasie forêt est-elle grevée de quelques droits d’usage, je l'ignore ; mais la conséquence de ce parcours, ou forcé, ou permis, ou toléré, est que les jeunes chênes échappés à la voracilé
des troupeaux de porcs seraient abroutis tôt ou tard parle gros bé-
lail. Dans cet état de choses, convient-il que l'administration acceptie ou refuse la proposilion qui lui est faite et le bénéfice qui lui est offert en 1791 pour le panage de cette forêt? En le refusant, non seulement elle éprouvera une perte de 1,500 livres, mais elle privera les adjudicataires du bénéfice légitime qu'ils auraient fait dans le marché d'une denrée qui va tomber en pure perte, tandis que le repeuplement qu’on se serait proposé deviendrait précaire, puisqu'il court le risque d’être bientôt détruit par la dent du bétail. Voilà, si je ne me trompe, les raisons de douter de MM. les administrateurs, et le véritable état de la question.
« Malgré l’appât du prix offert pour la glandée, malgré tous les
inconvénients de la vaine pâture, je persiste à croire qu'il serait plus dommageable qu'utile d’accepter la proposition faite au district. : : *
« Le gros bétail brise les rejetons, il est vrai, mais du moins il n'arrache pas. Le porc dévore jusqu'aux racines.
« Le bœuf s'éloigne des endroits trop fourrés et hérissés d’épines, et nous avons vu de quelle ressource étaient par la suite ces parties qu'il laissait intactes. Il n’est aucun lieu impénétrable à la voracité du porc, il détruira ce que le bœuf eût épargné.