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L'action mécanique du vent sur les végétaux est identique à
celle de l’eau courante sur le rocher ; elle polit et elle use. Sur les rives de l'océan, dans les vallées exposées à des courants locaux, sur les montagnes, les arbres prennent une forme tourmentée, et leurs branches fuient sous le souffle de la tempête. Une moitié du sujet préserre l’autre. Du côté où s’acharne le vent, les rameaux usés, dépouillés et réduits ne portent ni fleurs ni fruits :
toute la vie physiologique est concentrée du côté opposé. C’est en
pelit l'image de la forêt protectrice et de la forêt protégée.
Sur les sommnités et les hauts versants, les sautes de vent et
surtout les remous provoqués par le changement de vitesse des couches d’air déplacées usent circulairement la cime des arbres résineux, leur donnent une forme caractéristique en queue de rat, et finissent par entraîner le dépérissement el la mort des deux tiers supérieurs de la couronne. ,
Toutes les fois donc que les troupeaux, jé berger ou le propriétaire imprudent auront détruit les forêts de protection, brusquement ou à la longue, le vent évidera les massifs sous-jacents, dispersera la couverture morte, rongera la cime des arbres, tarira la régénération et donnera naissance à une nouvelle zone de protection, sur le tapis de laquelle on ne trouvera pas de semis. C’est alors que des observateurs peu perspicaces pourront agiler le spectre de la forêt mourante et accuser la nature d'un deuil qi n’est dû qu’à l’homme et à son imprévoyance.
Ainsi, sur le col du mont Genèvre, le bois Suffin, déconterta l'est par la destruction d’un massif contigu en 1814, disparaissait peu
à peu, sans semis, en 1854. Le vent emportait, entre les pins de
montagne desserrés, le sol, la terre mème, avec les plaques
de gazon. Ainsi encore, en 1856, dans les Hautes-Alpes, un can-
Une brosse fortement recourbée ou un panier, sur le dos duquel on aura planté des branches de genêt, donnera l’image de la montagne boisée. On voit
alors immédiatement que le courant
d'air, au lieu de se propager tan-
pour prendre une direction à peu près perpendiculaire à la normale.
C'est ce qu'indique la fig. 2.
Il ne reste plus, dès lors, | qu'à suivre l'incidence de la flamme avec
nn.