‹ Le pâturage en forêtChapitre 60 sur 89 · PEN À: 1: PE · texte numérisé non relu

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tutélaire des forêts à créer ne peut avoir toute son efficacité que s’il y a établissement d’une étude complète et préalable, union entre les propriétaires et: formation de syndicats de défense commune. Et l’on ne voit pas pourquoi l’État n’encouragerait pas des efforts tentés dans cette voie, pourquoi il n’étendrait pas les bienfaits de la loi sur la restauration des forèls en montagne à la res- tauration des forêts en coteau et en plaine. En tout cas, il parait contraire à l'intérêt général et particulier de laisser les communes libres de conserver à l’état de friches improductives d'immenses étendues de terrains, — un million d'hectares au moins, avons-nous dit, — qui servent de retraite à tous les ennemis des fruits de la terre el qui, reboisées partiellement ou en totalité, limiteraient les invasions néfasies. S'il ne s'agissait que d'une dépense improductive, on pourrait hésiter, mais nous allons montrer les avantages immédiats de cette transformation.

4° Évaluation du revenu herbager et ligneux en passant de la lande à la forêt.

Le

M. Amédée Boitel, dans son magnifique ouvrage : Herbages et

Prairies naturelles, fait le sombre tableau suivant des prairies com-

munales du bassin de la Saône :

« ll en est de ces prairies comme de tous les terrains communaux ; « tout le monde en abuse, et personne ne songe à les ménager et « encore moins à les améliorer. On y met trois fois plus d'animaux « que la prairie ne pourrait en nourrir. Sur un communal d’une « trentaine d'hectares, on làche 200 à 300 bêtes à cornes avec 40 « ou 50 chevaux. Cette troupe affamée y est conduite constam- « ment, qu'il y ait de l'herbe ou qu'il n’y en ait pas, et quel que « soit l’élat du solet de la température. Par les temps pluvieux, « les bètes défoncent le pré el y détruisent les meilleures espèces « de graminées et de légumineuses. Si quelques endroits souffrent: « d’un excès d'humidité, personne ne se soucie de les assainir et: « de les/niveler. Pendant la saison des pâturages, l'herbe est si « rare el si tondue qu'il semblerait que les animaux dussent y « mourir de faim. C’est ce qui arriverait, si le bétail communal ne « trouvait pas, à sa rentrée à l’étable, une pitance supplémentaire, «. la maigre pâlure du communal étant loin de suffire à son ali- « mentalion journalière. En somme, chaque Mabitant de la com-

« mune lire un bien mince profit d’une prairie si négligée et livrée

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