‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 11 sur 331 · PARTIE IV, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

PARTIE IV, CHAPITRE I

pier meurt par suite de ses blessures ou de la maladie contractées dans le service, la pension est réversible sur la tête de sa veuve, ou, à son défaut, sur celle de ses enfants. En présence de ces dispositions, les sociétés de pompiers avaient été invitées à ne pas considérer comme donnant un droit à l'indemnité et à la pension à servir par elles les blessures ou les maladies contractées dans le service ; les communes ne devant pas en effet s'exonérer aux dépens de la société de secours mutuels des obligations légales qui leur incombent '. La confusion entre la compagnie et la société de secours mutuels ayant continué à se reproduire malgré les observations les plus fréquentes, une décision ministérielle prise en 1860, porte qu'à l'avenir les sociétés formées par les pompiers seront astreintes aux mêmes règles que les autres sociétés, sans pouvoir insérer dans leurs statuts aucune clause relative aux droits et au service de leurs compagnies.

Quant aux instituteurs qui ne peuvent rencontrer dans les associations ordinaires le genre de secours dont ils ont besoin, on comprend, vu leur isolement et leur petit nombre, que leurs sociétés spéciales embrassent un département tout entier. D'après le projet officiel de statuts adressé aux inspecteurs d'Académie, les inspecteurs d'Académie et de l'instruction primaire, et les directeurs d'écoles normales sont de droit membres des conseils d'administration. Le compte-rendu de la société des instituteurs et institutrices de la ^eme pour 1863, se plaint vivement de cette condition, les conseils d'administration, dit-il, ne comprenant que douze membres. On a fait observer à ce sujet qu'un contrôle supérieur étant on ne peut plus naturel ici, on comprendrait très-bien la surveillance et l'assistance aux réunions, mais que, quant à la direction, il eût peut-être été plus normal, toute considération hiérarchique étant sauvegardée, de laisser les instituteurs gérer eux-mêmes leurs affaires d'assistance spéciale.

Lorsque des étrangers appartenant à la même nation sont assez nombreux dans une grande ville, comme les Suisses, les Allemands, les Belges à Paris par exemple, ils se groupent

* Rapport de la commission supérieure, année 1857.

souvent entre eux et fondent des sociétés de secours mutuels '. Dans une intéressante monographie sur les Maçons de la Creuse ^ , M . L. Bandy de Nalèche réclame une organisation spéciale de mutualité en faveur des trente mille ouvriers qui émigrent périodiquement de la Creuse, de la Corrèze et de la Haute-Vienne, et que l'industrie du bâtiment retient dans nos grandes villes, à Paris et à Lyon surtout, pendant neuf mois de l'année. Affiliés en assez petit nombre au compagnonnage, les maçons marchois se trouvent presque vis-à-vis des autres ouvriers dans la même position d'isolement que les hiobsticks anglais, c'est-à-dire les ouvriers qui refusent d'entrer dans les associations et qui par cette raison ne se soumettent pas aux turnouts ou suspensions de travail. Quelques associations professionnelles (cette forme est ici strictement indispensable au triple point de vue de la non-continuité du séjour des maçons dans les villes oii ils travaillent, des dangers particuliers de leur profession et de leurs habitudes de race) produiraient les plus utiles résultats, si surtout elles appliquaient une partie de leur action aux voyages périodiques de leurs membres ^ « L'émigration marchoise, dit M. de Nalèche, change dès l'enfance l'agriculteur en ouvrier, laisse les champs incultes, et jette aveuglément sur certains points des masses d'hommes... Arrêter ce mouvement est impossible; l'organiser est essentiel Il ne faut pas que l'émi-

grant marchois risque longtemps encore de mourir de misère au coin des palais qu'il aura bâtis *. »

On peut citer comme s'étant réunis quelquefois en un centre de bienveillance et de réciprocité les hommes qui ont appartenu au même établissement d'instruction publique et les anciens mililaires d'une circonscription régionale donnée ^

* Pour les sociétés suisses de ce genre, voir p. 346. 2 Paris, 1859.

' I)'îi|)rè8 quctijucs remarques récentes sur une certaine propension de l'émigrant inarrliois à oulilier à Paris la faniillc li''gitiine (pi'il a laissée dans son pays (voir notamraenl V Ikonnmir rurale de M. de Lavcr^'nr), le coté moralisateur de l'association ne serait pas sans apjtorter ici un contingent particulièrement opportun.

* Tout en ayant ses inconvénients de forme, la mesure prise en l8Gi par les patrons de r^tle industrie remédiera sans doute à une partie des inconvénients signalés ici.

& (>» dernières, qui comprennent l'orficier générai, le sous-of(icier el le soldat, ne konl pat, vu l'âge lialiitncl de leurs membres, de véritables sociétés de mutualité; elles pour^uiv('^t surtout rai^bistanre mor.ile.

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