PARTIE IV, CHAPITRE XI
ciétés de secours mutuels et qu'on doit les prier instamment de faire, c'est non-seulement de popuhiriser la caisse de retraites parmi leurs membres par des explications appropriées, par des primes au besoin, mais de rendre pour ainsi dire de leur part le versement individuel comme moralement obligatoire.
Oui, les sociétés mutuelles peuvent faire cela. S'il y a tant d'ouvriers des grandes compagnies inscrits aujourd'hui à la caisse, sans doute c'est parce que la retenue est obligatoire, mais, qu'on en soit sûr, cette obligation n'existât-elle pas, les versements seraient cependant en très-grand nombre dans ces compagnies, parce qu'ils peuvent se faire collectivement. Occupé toute la journée à un rude labeur, l'ouvrier éprouve une véritable répugnance à courir pour la recherche des pièces comme pour les versements la filière des administrations publiques. Mais si, lorsqu'il vient déposer sa cotisation de mutuelliste, il était invité amicalement, familièrement, soit pour augmenter la part qu'il devra peut-être un jour au fonds de retraite, soit pour accroître les versements faits en son nom par la société privée, s'il était invité, avec quelques-uns de ces exemples saisissants qu'offrent les tables de la caisse, à déposer entre les mains du trésorier élu par lui, à déposer régulièrement avec courage et persévérance, telle petite somme que la société se chargerait ensuite de faire inscrire en son nom '; si tous les présidents, tous les m^embres honoraires adjuraient les sociétaires en leur exposant un mécanisme qu'ils ignorent, de songer efficacement à la dignité de leurs vieux jours une fois l'élan donné, nous avons la conviction que le mouvement s'étendrait vite. Toutefois, pour réussir dans cette œuvre difficile, il faut d'une part que les sociétés privées comprennent définitivement que demander des pensions à leurs excédants ordinaires, c'est abandonner l'avenir social tout entier au hasard; il faut que les sociétés approuvées, — comme corps moral sinon comme collectivité financière, puisqu'à ce dernier
' Pourquoi serait-il même défendu d'espérer que si les sociétés privées, agissant en leur propre nom et comme donatrices, entraient avec ensemble dans la voie des versements collectifs, la commission supérieure consentit 'd provoquer la modification législative, qui consisterait dans le remboursement du capital après une certaine période, remboursement si utile pour le cas dont il a été parlé plus baut (p. 19J et suiv.)-
point de vue elles disposent de leurs fonds propres d'après des prescriptions tracées — il faut qu'elles ne bornent pas leur horizon au fonds de retraite, lequel, à moins de changer complètement de nature et de tomber lui aussi dans les incertitudes, ne peut sans doute de longtemps, — ses tuteurs naturels l'affirment — donner plus que ce qu'il donne.
Le fonds de retraite, c'est l'œuvre officielle de l'association, c'est l'effort collectif vers un capital lentement, mais inébranlablement édifié, c'est la pension de retraite attribuée au petit nombre par le jugement de tous, faisant des prosélytes à l'idée ; mais la caisse des retraites et le versement individuel chaque mois, ou au moins chaque trimestre entre les mains du trésorier de l'association, c'est l'œuvre de chacun, c'est l'effort persistant du sociétaire. Et, au risque d'entendre reprocher à la société de secours mutuels que nous aimons autant que qui que ce soit de n'avoir pas résolu le problème dos retraites, d'être inapte par elle seule à sa solution, ce n'est que par là, nous le disons en terminant, que les sociétés de secours mutuels verront la vieillesse de l'ensemble de leurs membres garantie. Certes, le fonds de retraite se fùt-il borné à leur faire perdre l'habitude des pensions prétendues payées sur les excédants de leur caisse, se fûtil borné à leur montrer en toute lumière le chemin de l'établissement général fondé en 1850, qu'elles lui devraient à tout jamais leur reconnaissance pour le progrès véritable de demain assuré si elles le veulent *.
' Quant au fonds de retraite en lui-même, la commission examinera, nous n'en doutons pas, avec toute la sollicitude ([u'elles méritent les idées d'amélioration déjà émises: reconnaissance théoriiiue jiar exemple {a])rcs 12 ou 15 ans d'accumulation) du droit à la pension ; les trois quarts des pensions (assurées) réparties sans distinction de personnes en chiffres fixes d'abord, en cliiflres proportionnels plus tard, entre les mendires les plus âgés et les plus anciens; réserve du dernier (juart pour les vieillards malheureux, avec lesquels on ne discuterait ni l'âge, ni les années de |)articipation ; ou bien versement à à la caisse des retraites, au nom de chaque membre arrivé à tel âge d'une partie du capital nécessaire pour former la pension accordée en principe ' et versements successifs en deux ou trois périodes (si le sociétaire est resté fidèle à la société) jusqu'à parachèvement de la somme, si les ressources le permettent, et jusqu'au moment où le sociétaire doit être dédnitivement admis h la pension. Nous citons uniquement à titre d'exemples, et pour |irouver combien la rigueur actiK'lle du fonds de retraite occupe les intéressés.
Dan» une publication de la lin de l8G4, et qui insiste de la manière la plus pressante
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