PARTIE IV, CHArilRE
Plusieurs sociétés, entre autres celle de Sainte-Cécile à Saint- Ybars (Ariége) et celle de Figeac (Lot) ont une double caisse : la première, pour faire soigner les malades et leur payer l'indemnité ; la seconde, pour prêter aux valides de quoi acheter des outils ou pourvoir à une dépense imprévue. D'autres, s'assirailant ainsi l'admirable institution du prêt d'honneur, offrent à leurs membres dans la détresse des avances qui leur sont remboursées sans intérêts.
Quelques sociétés, surtout dans les années de disette, allouent à leurs membres des secours en bons de pain et de viande, de bois et d'effets d'habillements ; ou môme, achètent en gros des denrées alimentaires pour les leur revendre aux conditions plus avantageuses que leur permet lasuppression des intermédiaires '.
La société du Faubourg Saiut-Denis, à Paris, a récemment pris l'initiative de mesures destinées à faire obtenir à ses membres participants des denrées à prix réduit. Les commerçants ont accordé aux sociétaires, sur la simple production de leurs cartes, les remises convenues avec le bureau, et la plus grande partie des sociétaires ont profité avec un empressement tout naturel de cet avantage. Nous reviendrons avec détail sur ces applications ingénieuses du principe d'association.
Certaines sociétés, en allouant les soins du médecin et les médicaments, n'accordent que très-exceptionnellement l'indemnité quotidienne en argent. C'est ainsi que la société des marins d'Arcachon décide que les secours accordés aux membres participants ou à leurs familles seront donnés en nature, et consisteront en denrées alimentaires, combustibles, vêtements et ustensiles de pêche. Dans le cas de mort ou de pertes, elle se réserve le droit d'allouer des secours en argent. On remarquera cette promesse d'ustensiles de pêche. Lorqu'un accident de mer enlève à une famille de pêcheurs sa barque et ses filets, la société les leur remplace immédiatement, et les met à même de ne pas interrompre l'exercice d'une industrie dont cette barque et ces filets étaient l'unique moyen.
Les gantiers de Grenoble ont coutume de distribuer des sur-
* En 1847, époque de cherté excessive des grains, les sociétés de l'Isère, voulant lutter contre la spéculation, achetèrent à Marseille des ([uantités considérables de blé, qu'elles livrèrent à leurs membres au prix de revient.
hons^ c'est-à-dire des bons supplémentaires, à ceux de leurs camarades qui, par suite de circonstances particulières, ne trouveraient pas dans la quotité de secours déterminée par le règlement, une assistance suffisamment efficace. Ils défendent, sous les peines les plus rigoureuses, de reprocher ou de divulguer ces secours exceptionnels. Ces mêmes gantiers ne se contentent pas d'accorder les bains ordinaires ordonnés par le médecin, mais (prodige de l'association et de l'épargne!) ils allouent 2 fr. par jour aux sociétaires auxquels le séjour des eaux thermales a été prescrit ', 1 fr. au moins au malade à qui le médecin a ordonné le séjour de la campagne ; leur caisse sociale fait même les frais des consultations de plusieurs médecins qui sont jugées nécessaires.
La Société des familles à Bordeaux, composée de cent membres, possède depuis quinze ans, dans la banlieue de cette ville '^, une maison de campagne qui, les jours de fête, sert à ses membres de lieu de délassement et de repos. Chaque sociétaire est admis à y consommer séparément des denrées achetées en gros par la société et vendues par elle à prix coûtant. Moyennant un supplément mensuel de 10 centimes, le sociétaire convalescent va eu outre, sur la prescription du médecin, achever d'y rétablir sa santé. Dans ce cas, bien entendu, le nombre des journées emportant entretien est limité d'avauce ^
La société de la prévoyance mutuelle, à Paris, promet à ses membres une indemnité en cas de vol ou d'incendie *.
Ml y a d'autres exemples de ces allocations pour envoi aux eaux thermales.
' A Caudéran.
Un [irote d'imprimerie est président de cetile intéressante société, qui est dans la catégorie des sociétrs priréfs.
' « Ainsi, disait au sujet de cet exemple une feuille politique, par la société mutuitlle or(.'anisée pour snlivenir aux besoins les plus (iressanls, on peut aller, si l'on y met de lintelli^'cnce et de la ténacii.é, jusiju'au plaisir et relativement jus(iu'au luxe. »
L'idée a clé émise (journal le Temps du 8 janvier 1804) de cliaulToirs que, dans les hivers trC8-ri(^oureux, les sociétés de secours mutuels organiseraient pour leurs mrmhres.
♦ D'autre part au llois (Ile de Hé), 140 propriétaires ont formé en 1864 une associalion qui a pourohjet de la part de ses membres de se rendre respectivement assureurs pour les perles d'incendie, de participer, itroporlionnellement à la fortune de chacun, k la réparation des ginistrei), cha(|uc associé ayant ainsi intérêt à surveiller la propriété voisine (administration gratuite par un comité de 15 membres). Les incendies devenant par moments une vraie question dans les campagnes, ce fait est ù noter.