‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 15 sur 331 · PARTIE IV, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE IV, CHAPITRE II

Il est aujourd'hui un grand nombre d'associations qui étendent à la famille les bienfaits de la mutualité. Un des objets principaux de la société des marins d'Arcachon, que nous venons de citer, est «de subvenir aux premiers besoins des épouses, enfants, pères, mères, frères ou sœurs orphelins et mineurs, des marins morts à la mer. » La caisse de secours mutuels de Bordeaux admet gratuitement aux soins du médecin et aux médicaments les enfants au-dessous de douze ans dont les père et mère sont souscripteurs. Cent autres sociétés ont des dispositions analogues. Le chef de famille est seul nommément inscrit sur les registres : la veuve chargée d'enfants, la femme en couches, tous les membres malades de la famille ressentent les effets de cette inscription. Plus que louables, au point de vue de l'intention, ces dispositions sont abusives, ainsi que nous le verrons, lorsqu'à chaque charge imposant une dépense ne correspond pas une ressource spéciale permettant de la couvrir.

La plupart des sociétés, lorsqu'un sociétaire vient à mourir, non-seulement se chargent de payer les frais de ses obsèques, mais encore accordent à la famille, sous le nom d'allocation de décès, une petite somme destinée à atténuer les difficultés que va lui créer la mort de son chef. Tl en est qui ajoutent à cette somme une indemnité pour les dépenses qui seront occasionnées par le deuil. Pour subvenir à ces divers frais, une cotisation spéciale est souvent imposée à chaque membre, au décès d'un sociétaire. Plusieurs règlements mettent à la charge des sociétés les frais funéraires des femmes des sociétaires et même de leurs veuves. D'autres décident que la veuve d'un sociétaire pourra réclamer l'aide de la société pour faire solder les comptes de son mari, achever les travaux qu'il avait commencés, terminer ses affaires litigieuses, liquider sa succession, etc '.

Les Sociétés de Lunéville et de Nancy doivent être citées parmi les premières qui ont organisé un patronage sérieux des apprentis et des écoliers, enfants ou orphelins des sociétaires. Une des premières aussi, la Société de Nancy, ayant à cœur de développer la vie intellectuelle chez ses membres, a mis à leur disposition une bibliothèque qui, dès le début, se composait de

' Quelques sociétés, adoptant un usage un peu trop académique, désignent un meinlire potir prononcer l'éloçre luiiMtre dos sociétaires décdecs.

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plus de six cents volumes. La Société de rUnion philanthropique, à La Rochelle, a donné pareillement un des premiers exemples de lingerie pour les associés. Nous ne faisons qu'indiquer ici tous ces points qui trouveront plus loin le développement qui leur est dû.

Certaines sociétés, remplissant ainsi, vis-à-vis de leurs membres, l'office de bureaux de placement, se chargent de procurer de l'ouvrage à ceux d'entre eux qui en seraient privés. Les chefs d'ateliers qui en font partie s'engagent à occuper de préférence les ouvriers sociétaires. M. Rivier rapporte que « dans la Société des menuisiers de Grenoble, si un pauvre père de famille manque d'ouvrage, les maîtres, qui, cependant, ne sont guère [ilus à leur aise que leurs ouvriers, s'entendent pour lui procurer, chacun à son tour, quelques journées. On ne touche pas à la caisse, et l'assistance est donnée. » La Société typographique de Bordeaux alloue un secours de route assez considérable au membre obligé, faute de travail, de quitter la ville.

Des Associations composées d'ouvriers et de patrons, se constituent, pour décider des contestations industrielles qui peuvent s'élever entre leurs membres, en véritables conseils de prud'hommes. D'autres promettent leurs bons offices et leurs bons conseils à tout membre engagé dans une contestation judiciaire. Il en est même qui garantissent le paiement des dépens, lorsque la cause du membre engagé leur paraît juste. La Société de Périgueux et une Société de l'Eure ont voté l'adoption d'un article disposant que « les sociétaires contractent l'obligation, sous peine d'exclusion, de ne jamais intenter de procès en matière civile, sans avoir préalablement cherché à se concilier devant les membres du bureau. » La Société de Lunéville, dans le but « de prévenir les contestations entre sociétaires et de les éclairer gratuitement de conseils dans les affaires qu'ils auraient à soutenir devant les tribunaux \ » a un conseil d'assistance judiciaire composé de cinq membres. La Société de Saint-Pierre, ;\ llouga ((Icts), a un tribunal de paix créé pour le même objet. Les slaïuts de la Société d'Ahuy-lez- Dijon, toujours pour évilei- les procès entre associés, établis-

' (.'elle rlcrniiTc diKpogiiion ligure uussi <lanB les slaluls de la bociété «le Tournus (Saùne-cl-Loire).

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