PARTIE V, CHAPITRE H
qu'on ne défend plus, ont démandé un jour, dans un trop retentissant programme « l'association de l'épouse à l'époux, dans l'exercice de la triple fonction du temple, de l'État et de la famille, de manière que l'individu social, qui jusqu'à ce jour a été l'homme seulement, soit désormais l'homme et la femme, » la plus mince modification au plus mince article de certains chapitres du code ', ou même, — chose qui paraît plus difficile à quelques-uns, — l'abandon de certaines iniquités de pur usage, seraient-ils donc un crime contre le bon sens? Certes, nous ne pensons pas qu'il faille mettre de la galanterie, ni même de la chevalerie dans l'étude du plus grave problème delà vie sociale, et nous sommes tout à fait de l'avis de l'écrivain qui a fait remarquer à ce sujet que « ce ne sont peut-être pas ceux dont l'âme a été quand il le fallait, le plus pleine d'amour et de tendresse, qui arrangent avec tant d'apparat les nouveaux systèmes d'émancipation '^. » Nous ne croyons pas aux minorités éternelles; mais nous ne comprenons pas la femme dissertant, avec profit pour elle et pour la société, à la tribune aux harangues et légiférant sur les intérêts de son mari. « L'opinion généralement adoptée en Angleterre, dit M. Le Play ^ est que « les deux sexes ont à remplir dans l'ordre social des rôles non moins différents que ceux qui leur sont assignés dans l'ordre physique. » Cette opinion des Anglais est évidemment quelque peu sérieuse. Elle s'inspire de ces deux grands principes, l'association et la division du travail : à la femme, le gouvernement du foyer domestique, à l'homme, les devoirs publics et les travaux de la profession. Aussi lorsque, tranchant sur le sentiment général de ses compatriotes, Stuart Mill déclare, dans son beau livre du Gouvernement représentatif que « dans son argumentation en faveur du suffrage universel, mais gradué, il ne s'est nullement inquiété de la différence du sexe; qu'il regarde la chose comme aussi entièrement insignifiante, quant aux droits politiques, que la différence de taille ou de couleur de cheveux, » notre respect profond pour le plus
* Il est peu de législations par exemple dans lesquelles les droits de la femme sur la succession du mari soient réglés comme Ils le sont en France. ■•^ M. Paul Boitcau, Dictionnaire de la poliliriue, t. I, p 104. ' La Réforme sociale, t. I, p. 182.