‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 156 sur 331 · PARTIE V, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

PARTIE V, CHAPITRE III

l'ondés, ou par quelques faits sans signification générale, ou même par les réclamations assez peu généreuses, mais compréhensibles des non intéressés directs (célibataires, veufs, époux sans enfants). Quand l'expérience des caisses spéciales aura été faite sur un grand nombre de points, la cause soutenue ici aura fait un pas complètement décisif; et, en outre, on arrivera plus vite, ou, pour mieux dire, on n'arrivera qu'ainsi à réunir des éléments spéciaux pour résoudre scientifiquement le problème des versements à exiger en vue de tel ou tel avantage. Lorsqu'un grand nombre d'observations auront été réunies et que les conditions de l'équilibre à obtenir seront connues, ou pourra étudier avec fruit la question de savoir s'il faut maintenir entre les femmes et les hommes cette spécialité de compte, s'il faut ne la considérer que comme une transition, ou s'il faut revenir à la caisse commune, tout en exigeant de chacun des cotisations proportionnelles aux charges qu'il imposera '. Ajoutons que, dans le système d'une caisse spéciale, la femme non salariée, dans le cas où elle serait tentée d'abuser, ainsi qu'on semble tant l'appréhender, aura à craindre particulièrement l'œil vigilant et le tact exercé des autres femmes sociétaires. Dans ces derniers temps, du reste, et ne pouvant plus se fonder sur l'aggravation de dépenses qui proviendrait de l'indemnité à payer, les adversaires de l'admission des femmes ont argué des visites plus nombreuses des médecins et de l'usage plus fréquent des médicaments. L'extension que nous avons donnée à l'étude de la question médicale et pharmaceutique, prouve que nous sommes loin de contester que les sociétés puissent trouver ici deux causes de véritable ruine; mais il semble que si une société a sagement organisé les deux services dont il s'agit, et si les médecins ne se laissent pas aller à une complaisance fâcheuse, du moment que les femmes ont proportionnellement moins de journées de maladie que les hommes et que par conséquent les indemnités à payer sont moindres, il n'y a pas là une objection de fond dont on doive beaucoup se préoccuper. Il s'agit de guérir les femmes quand elles sont ma-

' Car tout autre idéal conçu sous prétexte de fraternité et d'aversion morale pour le calcul rigoureux, ne serait pus de la mutualité.

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lades ; il ne s'agit pas de leur faire des visites de luxe ou de céder à leurs fantaisies de médicaments. Les médecins qui se montreraient trop faciles ne se borneraient pas à compromettre la cause des sociétés; ils compromettraient la cause des femmes elles-mêmes. On doit aussi particulièrement examiner l'état de santé de celles qui sollicitent leur admission. On pourrait demander à la femme et au mari un certificat à ce sujet. On peut même exiger nn noviciat plus ou moins long : trois mois au moins, un an au plus.

Quel doit être le taux de la cotisation à exiger des femmes ? Ici point d'indications précises : question de localité ', de salubrité, de tarifs de journées considérés plus ou moins comme régulateurs, d'observation en un mot. La seule règle qu'on puisse établir cependant, c'est que, — ne fût-ce qu'à cause de l'infériorité du salaire des femmes, — leurs cotisations et leurs indemnités doivent être moindres que celles des hommes. Avec une cotisation de 75 centimes à 1 fr. par mois ^, beaucoup de sociétés fournissent les visites du médecin, les médicaments, une allocation de 50 centimes par jour de maladie et un secours de 20 fr. en cas d'accouchement en mariage ^ Quant aux limites d'âge, elles semblent devoir être fixées de vingt à quarante ans, excepté pour les veuves. En cas de décès, la société devra subvenir aux frais funéraires ; la disposition contraire constituerait une inégalité inadmissible.

Plusieurs sociétés, celles des ouvriers sur or et argent de Lyon par exemple, admettent toutes les filles ou femmes au titre d'agrégées ; d'autres n'y admettent pas les filles ou femmes étrangères aux membres des sociétés. En présence de la faculté pour les femmes d'établir, comme nous allons le voir, des sociétés entre elles exclusivement, ce ne serait que dans les très-petites villes, — où ces dernières sociétés seraient impossibles, — que nous

' Voir sur les taux des cotisations dans divers départements le rapport de 1856, p. 20.

'^ En l'absence d'un système sérieux et raisonné dont les éléments manquent, ce ne serait qu'avec répugnance que nous donnerions un conseil de cliifTre aux sociétés ; nous nous bornons, comme nous l'avons fait tléjà, à citer des faits

' Nous admettons que les (rais quelrontiues d'accouchement ne soient pas supportés par la caisse, et (|ue les neuf jours ijui suivent, n'étant pas considérés comme résultant de la maladie, ne donnent |ias lieu a l'indenmité ; mais la privation absolue d'allocation, eu cas d'accouchement, éloignerait certainement beaucou|» de femmes des sociétés.

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