‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 162 sur 331 · PARTIE V, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

PARTIE V, CHAPITRE IV

obtenir des démissions volontaires de celles qui ne sont plus dignes de flgurer dans l'association. »

Parmi les dix premières sociétés de ce genre, il faut citer aussi la société des ouvrières non mariées * .

On pourrait au premier abord éprouver une certaine inquiétude, quant aux sociétés composées exclusivement de femmes, pour le maintien de la dignité dans les discussions. Dans le règlement de la Société des Dames et Demoiselles de Noijarey^ près Grenoble, nous lisons ce qui suit : « Si une sociétaire met de l'aigreur dans la discussion ou s'écarte des règles de la bienséance, la présidente pourra la condamner à une amende de 25 centimes; si elle persévère, la présidente l'invitera à se retirer ; si elle n'obéit pas à cet ordre, l'entrée de la salle pourra lui être interdite pendant trois séances consécutives. » Ce surcroît de précautions pour maintenir la discipline dans les assemblées de femmes ne doit pas être blâmé, car il répond à une appréhension toute naturelle ; mais en fait, il est généralement inutile.

Nous n'insisterons pas davantage : transformation des mœurs de l'ate'ier; création d'une famille pour les femmes qui en sont matériellement ou moralement dépourvues; intelligence complète et vif sentiment de l'association ; possibilité matérielle de se suffire à elles-mêmes, tout recommande les sociétés de femmes à la sympathique attention des esprits progressifs ^.

* Là où des sociétés de femmes existeront déjà, comme à Grenoble, par exemple, où ufle société (connue sous le nom de huitième bureau) s'affilie les jeunes filles dès l'enfance en les soumetlantà une cotisation de 10 ou 15 centimes par mois, destinée à former la somme nécessaire pour leur droit de réception quand elles auront atteint 16 ou 18 ans, nous n'insisterons pas bien entendu pour la création des sociétés distinctes d'ouvrières non-mariées.

2 Nous avons fait sur les longues listes annexées au rapport du registrar de 1864 le calcul des sociétés de femmes existant en Angleterre ou du moins ayant fourni des comptes-rendus. 313 sociétés de ce genre figurent dans ce rapport, dont 31 dans le pays de Galles. Elles, comptent en tout 22,999 membres, et ont un fonds total de 110,230 liv. sterl. 81 seulement réunissent plus de cent membres. La plus nombreuse en compte 459, — elle appartient au comté de Nortbampton, — son fonds est de 932 livres. La moins nombreuse appartient au comté de Lancastre, — elle compte 13 membres, — son fonds est de G livres.

Bien que dans l'immense nomenclature des friendJy societies certifiées par le registrar, on n'en trouve quetrois ayant par leur titre uncaractère mixte uunited maie and female friendly, » ;ellcs comorenneut 6,091 memttres et un fonds de l,04i livres), la plupart des sociétés anglaises ne font aucune distinction, pour l'admission, entre les

Les femmes du monde, souvent à la recherche d'occasions de faire du bien, trouveraient difficilement un emploi aussi intelligent de leur zèle que la formation de semblables sociétés. Ce zèle se stérilise ou du moins se dissémine souvent faute de direction. Le champ que nous indiquons est assez vaste pour les plus généreuses. On leur reproche quelquefois d'abuser un peu des avantages de la loi sociale, qui met tout le labeur à la charge de l'homme, et de passer plus ou moins inoccupées et frivoles au milieu du monde affairé et soucieux qui est le nôtre ; d'y passer sans savoir à quoi employer leur disposition naturelle à l'activité, et leur esprit de sacrifice et de dévouement. Elles peuvent prouver que ce reproche est injuste. Ici, il ne s'agit pas de loteries de charité qui sont des fêtes, ou de quêtes qui sont des plaisirs; il s'agit de donner une âme à celles de leurs semblables envers qui Dieu a été le moins clément. Et la réussite serait, pour celles qui l'obtiendraient, la justification de loisirs dont le contraste doit leur serrer le cœur si elles regardent autour d'elles. Cette réussite ne serait-elle pas, du reste, la victoire de leur propre cause? Elles représentent spécialement à cette page ces classes heureuses dont les devoirs, vis-à-vis du plus grand nombre, sont impérieux et pressants. En ce temps oh. la justice se fonde, qu'elles n'oublient pas qu'elles ont un rôle à

hommes et les femmes. « Cette société est établie dans le but d'assurer les personnes des deux sexes de l'âge de 10 à GO ans; » — « on nommera deux ou un plus grand nombre de membres, dont un au moins s'il y a lieu, sera une femme pour remplir les fonctions de visiteurs, » tels sont sur ce point les articles de tous les règlements modèles proposés aux friendlij societies.Vowr les annuités viagères (payables à partir de GO ans) il existe des tarifs dinérents pour les deux sexes. Il n'eu est pas de même pour les indemnités en cas de maladie. Du reste, les Anglais se plaigi.entviveiuenl que les renseignements slalisliques fassent défaut jusqu'ici pour établir des tarifs distincts. La grande enquête de M. Finlaison (1853-54), n'a conduit faute d'éléments qu'à des conjectures. M. Scrattliley (Manual treatisc on friendly societics, p. lui, n° 95), donne un extrait du rapport de cette date, duquel il résulterait que la participation des femmes doit être onéreuse pour les sociétés mixtes, et cela « par deux raisons probablement » : « la difficulté du contrôle par suite des ménagements que l'on doit à la pudeur de la femme; la facilité qu'elle a de .simuler un dérangement dans sa constitution. » A cela l'expérience des sociétés françaises répond (jue la femme peut avoir des indispositions plus fré(pjenles, mais (pi'eii général les maladies de l'homme sont plus longues.

Il a été formé en Angleterre des friendly socielies parmi les enfants envoyôsaux écoles du dimanche ou autres. Les observations les plus précises ont été faites d'après ces éléments sur les maladies des enfants. M. Scratcliley reconunandc à ce sujet de faire scrupuleusement «ians les coiiqiles-rendus de ces sociétés, la distinction entre les sexes.

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