‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 172 sur 331 · PARTIE V, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

PARTIE V, CHAPITRE VI

verrons avec l'école, l'éducation professionnelle, le patronage de l'apprenti nous semble le seul système à adopter. La sollicitude, les exemples, les liens qu'a perdus l'enfant en perdant son père et sa mère : seul, ce mode d'orphelinat lui restituera tous ces biens.

Pendant un certain temps d'épreuve, nécessité parla solution d'une foule de questions de détail qui naîtront, pour chaque société, des besoins particuliers de son personnel, de l'état de ses ressources, etc., il sera prudent de ne considérer que comme simplement facultative l'adoption des orphelins. Il ne faut pas qu'une exécution sans maturité vienne mettre en péril le succès d'une idée féconde.

L'adoption nous semble, bien entendu, devoir être applicable aux enfants des deux sexes. La subvention, par analogie avec ce qui se pratique généralement pour les enfants abandonnés mis en gardiennage chez des cultivateurs, devra cesser à l'âge de douze ans.

Des explications plus circonstanciées ne seraient pas ici à leur place. A l'exception du mode de composition du fonds d'orphelinat qui n'offre pas encore un caractère assez organique, le règlement adopté en \ 858 par la Société du faubourg Saint-Denis, règlement qui, de la crèche à l'asile et à l'école, et de l'apprentissage à la famille adoptive, renferme un régime complet d'assistance et d'éducation des orphelins, nous semble pouvoir être indiqué comme modèle '.

- La Société du neuvième arrondissement de Paris a adopté, quant à la formation du fonds d'orphelinat, le système de la société du faubourg Saint-Denis. Au contraire, la société protestante d'assistance mutuelle et de patronage des orphelins de Tonneins (fondée en 1849) exige de chaque sociétaire le versement de 50 centimes par an en vue de l'orphelinat.

« Lorsque, après la mort d'un sociétaire, ses enfants se trouveront privés de parents qui puissent les recueillir et les faire élever, la société pourvoira à la nomination d'un tuteur et fera remplir toutes les formalités exigées pour l'admission des orphelins dans les institutions qui leurs sont destinées. » Des vi-

' Voyez Bulletin, année 1858, p. 291.

siteurs spéciaux sont chargés de visiter les orphelins en apprentissage et de veiller notamment à leur éducation religieuse. La mutualisation de l'orphelinat n'est donc pas un désir utopique, elle est déjà un fait. L'extrait suivant d'un rapport présenté à la Société des ouvriers en soie de Lyon mérite d'être cité.

« La société a vu réclamer son secours en faveur de quatre orphelins : elle en a placé deux en apprentissage, a pris l'engagement de payer les mois de nourrice du troisième jusqu'à l'âge de 5 ans, et elle a fait admettre le quatrième dans une maison d'éducation pendant quatre ans aux frais de la société. La commission administrative veille surces enfants et supplée à la perte qu'ils ont faite de leurs protecteurs naturels. »

Pour l'assistance des veuves, et dans les données actuelles, tout ce qu'on peut raisonnablement attendre, quant à présent, de la plupart des sociétés, c'est qu'elles se mettent en mesure d'accorder à la femme frappée parla mort inopinée du chef de la famille une allocation qui lui permette de subvenir aux premières nécessités de cette triste situation. Entre l'assistance de l'orphelinat et celle du veuvage, aucune assimilation ne peut être faite. Pour qu'il y ait ouverture à l'adoption, ilfaudra, nous l'avons vu, une double éventualité de mort cumulée sur un même ménage ; il faudra, de plus, que le dernier décédé ait laissé des enfants et qu'ils soient en bas âge. L'époque à laquelle cessera la charge de l'adoption sera toujours connue, si le point de départ de cette charge est incertain. Les résultats de la statistique, desquels il ressort que le nombre des femmes est plus grand que celui des hommes; que la vie moyenne des secondes est plus longue que celle des premiers ; que dans les villes surtout, où les hommes se marient à un âge généralement plus avancé que les femmes, l'ordre naturel est le prédécès du mari, ces résultats ne permettent pas d'établir une comparaison sérieuse entre les deux tâches. Certainement, quelques sociétés privilégiées viendront h bout d'organiser viagèrement et organiquement ^as^istance du veuvage ', mais ces sociétés ne seront pour le moment ([u'iine exception. On comprend que

' L'étal «les soriélés approuvées du Uas-Rhin comprend une société des typographes au profit de leurs veuves.

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