‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 174 sur 331 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

patronage des enfants des societaires a l ecole et a l'atelier.

Statistique de l'instruction primaire en France. — Les appréhensions du passé contre l'instruction primaire. — L'obligation; la gratuité. — Il faut agir sur les parents.

— Rôle de l'initiative privée; de la société de secours mutuels. —Les sociétaires s'engageant mutuellement à envoyer leurs enfants à l'école. — Conditions d'admission et Id'exclusion. — Précédent acquis : amendes contre les sociétaires dont les enfants ne fréquentent pas l'école. — Se servir en faveur de l'école de l'attrait des secours mutuellistes. — L'enseignement technique et professionnel.— État de la question dans les faits, dans les idées. — La tâche morale de l'éducation et de la surveillance de l'apprenti. — Les comités actuels de patronage. — Les meilleurs parmi les mutuellistes surveillant et dirigeant les enfants des plus faibles et des moins aptes. — La famille agrandie. — Exemples des Sociétés de Lunéville, de Metz, du neuvième arrondissement de Paris. — Visites des écoles, des ateliers.

— Émulation dans le bien. — Preuves de la projection morale du patronage sociétaire sur la vie ultérieare. — Associations spéciales d'apprentis. — Autant d'associations, autant de comités naturels de patronage : milliers de comités.

L'enfant est maintenant agrégé à la société ; les soins médicaux ne lui manquent plus ; une amélioration décisive a été introduite dans les conditions de son développement physique. Est-ce là tout; et, la santé des enfants étant sauve, nereste-t-il plus rien à faire aux sociétés de secours mutuels?

On sait, mais tout le monde ne sait pas assez, où en est aujourd'hui en France l'instruction primaire. Lorsque l'admirable loi du 28 juin 1833' fut votée, elle trouva l'instruction primaire avec un budget de 100,000 francs et dix mille maisons d'école. Immédiatement, 13,000 communes élevèrent des maisons d'école. Trente ans après, à la fin de 1863, 36,499 communes sont pourvues de moyens d'instruction, mais 1 ,018 communes en sont encore totalement dépourvues et 10,119 nesont

' Restée la base de l'instruction primaire, malgré les lois de 1848, 1850 et 1854, et qui vaut chaque jour à son illustre auteur, M. Guizot, les justes hommages de toutes les opinions.

pas propriétaires du local où leurs écoles sont installées '. Toujours àk fin de 1803, il existe, en totalité, 82,135 établissements d'instruction primaire ou^ 16,130 de plus qu'en 1848; et la population scolaire, qui n'était à cette dernière époque que de 3,771,597, s'était élevée en 4862 à 4,731,946 ; ce qui donne une augmentation de près d'un million ou du quart. Les 36,499 communes pourvues de moyens d'instruction renferment 41,426 écoles publiques et libres, spéciales aux garçons ou mixtes quant aux sexes ^ Sur les 2,627,428 enfants reçus dans ces écoles, 922,820, ou plus du tiers, y sont à titre gratuits.

26,592 écoles de filles reçoivent 1,669,213 élèves dont un quart (620,304) sont admises à titre gratuit*.

Certes, tous ces chiffres dénotent un grand progrès et cette période de trente années a été relativement bien féconde. Il faut le dire cependant, rinstruclion primaire est encore un de nos côtés les plus faibles ^ En Prusse, et dans presque toute l'Allemagne , y compris une grande partie de l'Autriche , la proportion des enfants fréquentant les écoles varie entre 97.4 p. 100, et 98.5 p. 100. — Dans toute l'Allemagne, la proportion moyenne des conscrits ne sachant ni lire, ni écrire,

* La dépense d'acquisition et de construction monterait à 80 millions, chiffre énorme, uiais il faut se rappeler que depuis ls34, 29,000 communes ont acquis et construit des maisons d'tcoie.

'^ Dont 4,161 classes d'adultes, 3,102 salles d'asile et '26,59-2 écoles de filles.

La moyenne du traitement est, pour les instituteurs publics, de 790 fr. (dépense : 31 millions) ; pour les institutrices publiques, de 005 fr. (dépense : neuf millions). Mais 4,756 institutrices n'ont encore qu'un traitement inférieur à 400 fr. Pour les directrices de salles d'asile 635 fr. (dépense : 1,400,000 francs). En 1846, la moyenne pour les instituteurs, y compris la rétribution scolaire, était do 454 fr.

Pour l'ensemble de l'instruction primaire en 1833, l'Étal donnait 100,000 fr. ; le lendemain de la loi, il donna 1,500,000 fr. ; présentement il donne 6,500,000 fr. (les communes fournissent 1 1 millions et la rétribution scolaire 5 millions et demi).

^ Dont 37,895 |ieupléesde 2,145,420 élèves, sont dirigées par des laïques, et 3,531, qui comptent 422,008 élèves, ont des maitres congréganisles.

* 13,491 écoles dirigées par des laïques; 13,101 par des religieuses, — les premières recevant 604,247 élèves, les secondes, 1,059,960.

Les 3,1 82 salles d'asile (958 dirigées par des laïques, 83,248 enfants; 2,204 tenues par des congréganistes, '265,062 élèves) accordent la gratuite ù 257,321 enfants.

5 D'ajirès une statistique officielle de 1857, il y aurait dans les écoles de garçons 19,050 bonnes écoles, 16,867 passables et 3,619 mauvaises; dans les écoles de filles, 12,253 bonne» écoles, 9,943 passables et 1,445 mauvaises.

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