‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 184 sur 331 · APPLICATION DU PRINCIPE D ASSOCIATION A LA CONSOM MATION DES · texte numérisé non relu

APPLICATION DU PRINCIPE D ASSOCIATION A LA CONSOM MATION DES

SOCIETAIRES

Les intermédiaires. — Leur trop grand nombre. — Prix d'achats en gros, d'achats en détail. — Sociétés alimentaires spéciales; fourneaux économiques. — Heureuse application de l'idée par les sociétés de secours mutuels. — La clientèle de toute la société assurée à chaque fournisseur.

Dans un autre ordre d'idées que l'application précédente, cette application, qui recèle dans son sein les éléments d'une force immense, peut prendre, elle aussi, des développements inouïs ; de nos jours peut-être elle modifiera profondément les habitudes du commerce. Mais, a\ant tout, il convient de rappeler quelques principes.

Le temps des déclamations banales contre les intermédiaires est certainement passé : mûrie, comme tant d'autres, au sein de discussions approfondies, cette question semble avoir fait un très-grand pas dans les esprits. Personne assurément ne peut nier que les intermédiaires n'ajoutent aucun produit à la masse de la circulation ; que chaque intermédiaire qui disparaît sans que disparaisse le service qu'il accomplissait ne rende à la société un producteur et n'accroisse ainsi la richesse totale. Mais nous ne savons pas un esprit sérieux et au courant des faits économiques, qui demanderait aujourd'hui, soit la suppression absolue des intermédiaires, soit même leur réduction artificielle. Il n'est pas toujours au pouvoir du producteur d'exposer

' Le principe de la coopération (dans le sens attribué plus ou moins exactement à ce mot en Angleterre), domine absolument aujourd'hui cette ipieslion des réformes à app'"'rler dans la consommation des classes travailleuses. Nous reproduisons tel quel ce chapitre d'après la 1" édition, renvoyant le lecteur au chapitre qui sera consacré plus loin aux stores coopératifs.

3f)6 DU PAUPÉRISME.

son produit là où les besoins de la consommation le réclament. Si, malgré son ignorance inévitable des déplacements dn consommateur, il tente cette tâche, ici il y aura engorgement, là insuffisance de produit. Mettre eu présence le consommateur et le produit, les mettre en présence à moins de frais que ne pourraient le faire eux-mêmes le consommateur et le producteur, constitue donc une fonction utile pour la consommation, pour la production et pour la collectivité tout entière : une fonction qui ne s'accomplit pas sans travail et qui, par conséquent, mérite rémunération. Cette démonstration est élémentaire. S'ensuit-il cependant qu'il ne soit pas delà plus haute utilité de rapprocher autant que possible les deux bouts de la chaîne? S'ensuitil même qu'il n'y ait pas à ce sujet des progrès considérables à accomplir? Non, sans doute. Il suffit, pour s'en convaincre, de se rendre compte du nombre relativement excessif des membres dont se compose le personnel du commerce ', et même de la somme de temps que cette occupation leur laisse libre et qui trouverait ailleurs un utile emploi. Il suffit, en outre, de comparer, surtout pour les classes pauvres, non pas même le prix de revient des objets et leur prix d'achat, mais les prix de la vente en gros et ceux de la vente au détail '\ autant pour le vêtement que pour le combustible et les objets d'alimentation : 20, 30 et quelquefois 50 p. 100 représentent la différence ^.

Que faire, cependant? Le commerce est absolument libre ; toute atteinte même indirecte qui serait portée à Ci tte liberté, atteindrait dans ses sources vives la production elle-même. Le commerce est libre : mais l'association est là. L'intérêt social veut que cette question soit résolue ; eh bien ' la force des choses la

' 8 à 900,000 en France, c'est-à-dire près de G p. 100 de la population adulte, et près du douzième du |)ersounel adulte du travail

- Les classes aisées assurent, en elTet, leur service avec un nombre d'intermédiaires bien inférieur à celui (jui s'impose aux classes nécessiteuses.

3 A iJruxelles, à telle date, la viande vaut 1 fr. '25 le kil(it,'r:immo; dans le même moment elle se paie à la maison d'Aloyt, à 25 kilomètres de distance, (iS centimes. La société alimcnlaire de Grenoble et les fourneaux économiques ont achité à 3 fr. la (piantilé de pDtnrnes de terre qu'au délail on n'aurait pas eue à moins de 8 ou 10 fr. Qui ne sait, d'ailleurs, ce qui est obtenu dans ce sens par l'administration ou par les enlreprencurs de nos prisons, par les commissions d'hospices, par l'intendance militaire, etc.. ?

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