‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 187 sur 331 · PARTIE V, CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

PARTIE V, CHAPITRE VIII

ponsabilité, ni ses ressources; n'est entrée d;ins aucune opération commerciale ou industrielle, car toute l'œuvre a consisté dans l'engagement pris par les fournisseurs de livrer leurs denrées à un prix convenu d'avance au sociétaire et à sa famille.

» Cette ingénieuse combinaison a montré ce qu'en dehors des statuts une association d'hommes intelligents et bien dirigés peut apporter, dans la vie intérieure, de bien-être matériel. Elle a été, en même temps, très- favorable à la prospérité de la Société du faubourg Saint-Denis , beaucoup de membres nouveaux se sont fait inscrire : jeunes et forts, ils ne croyaient pas avoir besoin d'être garantis contre la maladie et l'infirmité, et ne s'inquiétaient pas d'accidents qu'ils ne prévoyaient pas ; mais ils ont compris le bienfait direct et immédiat de la diminution de leurs dépenses quotidiennes. »

Ou nous nous trompons fort, ou une telle mesure, qui a le triple avantage de ne pas appliquer à un usage étranger des fonds recueillis en vue d'une destination déterminée, de n'exposer nullement la société à des actes commerciaux souvent chanceux dans leurs conséquences et de ne toucher en rien à la liberté du commerce et à celle des transactions privées des sociétaires, est destinée à une grande extension '. Le commerce

* L'idée n'a encore reçu que très-peu d'applications, nous devons le dire, et même celles qui ont été essayées paraissent avoir été entravées par des difficultés de diverses sortes et notamment pur la nécessité des achats au comptant. Mais cet insuccès relatif ne prouve rien contre l'idée elle-même

Nous savons très-bien et nous le dirons plus loin avec détails, que la forme radicale de la coopération proprement dite est, en général autrement avantageuse. Ce qui a été tenté jusqu'à présent, c'est d'obtenir des réductions de prix chez le détaillant; ce qui doit être tenté aujourd'hui, c'est de supprimer totulement son intermédiaire. Dans les localités ou pour une raison quelconque, la coopération ne sera pas possible, le mode employé par la Société du faubourg Saint-Denis pourra encore rendre des services trèsappréciables.

Lors de la sixième réunion annuelle des délégués des associations ouvrières à Mayence, sous la présidence de M. Sohulze Delitsch (1861), un des hommes placés à la tête du mouvement coopératif, M. Neumann, rédacteur de la Gazette de la Bourse de Berlin, ot directeur de la Société de consommation de cette ville, a examiné la queslion suivante : quel est le mode préférable pour une société de consommation ? celui qui consiste à remettre aux ouvriers membres de la société, des bons, qu'ils remettent à leur tour aux marchands chez lesquels ils se fournissent, ovi celui qui préfère l'établissement de magasins au compte de la société elle-même? M. Neumann a montré avec beaucoup d'impartialité le bon côté des deux moi'es. Le premier, a-t-il dit, offre pour les associations des grandes villes des avantages positifs, puisque au moyen des bons, les ouvriers peuvent

de détail, dont le tort principal, après tout, n'a été que de multiplier imprudemment ses agents et de diviser ainsi dans des proportions infinitésimales le chiffre de ses affaires, peut parfaitement refuser les conditions qu'on lui propose; les sociétaires de leur côté ont toujours la faculté de s'adresser à leurs fournisseurs habituels. Il est clair que la généralisation du moyen entraînerait des modifications importantes dans les habitudes et même le nombre des intermédiaires ; mais toutes les situations seraient ménagées et la transition insensible.

aller dans tous les magasins de la loralité ; le deuxième donnerait plus de profits et des profits dont l'association jouirait immédiatement. On pourrait l'appliquer de préférence dans les petites villes et dans les centres de grande industrie.

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