‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 195 sur 331 · PARTIE V, CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

PARTIE V, CHAPITRE IX

n'ayant qu'un seul débiteur et un débiteur solide, le prix des logements baisserait inévitablement ; on ne serait pas obligé de courir, comme aujourd'hui, les chances de perte par le taux élevé des locations. Pour faciliter à chaque locataire le paiement de son terme, on pourrait en recueillir le montant par fractions mensuelles, tout comme la cotisation ordinaire. »

Après avoir fait remarquer que la nouvelle organisation des sociétés de secours mutuels de Paris, par quartiers et non par professions, lui semble être favorable à un pareil arrangement et écarter les objections qu'auraient fait naître des compagnies composées de membres appartenant à un même état, et disséminées dans toutes les parties de la ville ; après avoir, en outre, constaté les sérieuses garanties de sécurité provenant du mode d'administration actuel des sociétés mutuelles, et surtout de la présence des membres honoraires, laquelle écarte toute préoccupation relativement à la responsabilité des sociétés, M. Audiganne continue :

« Quand on songe à la place qu'occupent dans la vie des ouvriers les préoccupations relatives au logement, on comprend de quel prix les facilités offertes seraient à leurs yeux, et comme elles fortifieraient ! 'institution même des associations de secours. Rien ne serait plus aisé d'ailleurs que de ménager un premier rapprochement entre ces institutions et les capitalistes. Il ne serait pas difficile non plus de choisir entre les sociétés mutuelles celles qui sont réellement en mesure de passer un bail et de faire face aux obligations contractées. La commission supérieure, créée par le décret de 1832, est un juge placé dans les plus rassurantes conditions de discernement, d'impartialité et de bienveillance. La jouissance des logements devrait rester facultative. On aurait à prévoir, il est vrai, la concurrence entre les membres d'une même société. Comme ce fait se produirait constamment, on conviendrait de suivre, soit l'orcU-e des inscriptions, soit l'âge, soit tout autre mode dont l'examen rentre d'ailleurs dans les détails de l'exécution du projet. Une fois l'élan donné par une combinaison si favorable à tous les intérêts, on en ressentirait bientôt les effets sur notre architecture populaire. Ainsi se trouverait facilitée la solution d'un problème qui touche à la fois à l'intérêt social, et à l'intérêt comme à la morale privée. »

Rien n'empêcherait, ce nous semble, qu'indépendamment des immeubles entiers i)ris à bail, les sociétés ne fissent parfois des locations partielles dans de bonnes conditions et qu'elles repartiraient entre leurs membres. Ce genre de location qui donnerait au propriétaire la sécurité, aurait en outre, dans ces maisons mixtes, certains avantages qui n'ont plus besoin d'être expliqués maintenant.

378 DU PAlPÉIgSME.

Après avoir posé en principe que la mutualité est si conforme à la nature humaine qu'on finira par l'appliquer à toutes les nécessités de la vie sociale, M. Marbeau' a, commiî M. Audiganne, émis l'avis que les sociétés de secours mutuefis peuvent avec le plus grand fruit appliquer leurs efforts à la solution de la question des logements ^.

Un point de détail qu'il nous paraît utile de remettre en lumière : on sait et nous avons dit plus haut combien est particulièrement difficile l'habitation de l'ouvrière isolée des grandes villes, de Paris principalement. Cette question du logement peut être considérée comme étant la condition la plus perplexe de son existance, celle qui influe le plus déplorablement sur sa moralité. Suspecte quant à sa solvabilité, suspecte sous d'autres rapports, même quand la suspicion est injuste, l'ouvrière isolée voit se fermer impitoyablement devant elle la plupart des maisons où elle aurait intérêt à se loger; elle les voit se fermer autant qu'elle en voit s'ouvrir d'autres, oii elle aurait tout à perdre.

Nous croyons que des unions locatives , organisées par des sociétés mutuelles d'ouvrières isolées,' aplaniraient bien des difficultés el facilite raient la vie honnête à celles qui ont le désir de rester honnêtes.

Telle est donc, dans son ensemble, la participation immédiatement possible des sociétés de secours mutuels à la solution de la question des logements '.

La commission parmanente de Belgique, en mentionnant sympathiquement l'idée dans son rapport pour 1861, nous semble encore avoir accru son importance. Les signataires de ce rapport ne sont pas, croyons-nous, des théoriciens finissant, comme on pourrait nous le reprocher à nous-même, par s'absorber dans l'étude d'une idée, au point de tout lui ramener. Ce sont des hommes dont l'esprit aussi pratique qu'élevé, ne donnerait

• Sciincc (ic la Société d'Économie diaritablc, du '23 mai 18G4.

- Piiriiii les liiils qiu; peiil |iour.siiivre iililemciil la intiliialité, M. (lasiinir Péricr inliiilUL' ainsi l'Iiahiialion, le loyer d'alclieis roinriiiiiis, la force niolrice créée eu f^rand el ré|iarlie par itcliles (|uaulilés. dans de vastes incaux pouric travail indivi<luel.

■' Encore une coniplaliililé, liien entendu, (|ui ne devrait et UKilériellenienI niénu; ne pourrait ([u'ctre tenue Irès-rigourcuscmcnt en dehors de celle des fonds ordinaires des société».

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