‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 198 sur 331 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

DE LA CRÉATION d'uNE LINGERIE ' MISE A LA DISPOSITION DES SOCIÉTAIRES. — BAINS ET LAVOIRS.

Humble apparence mais importance réelle de la question. — Le lingre pour le sociétaire malale; les appareils pour le sociétaire blessé. — Exécution. — Le linge de la famille. — La chambre buanderie-séchoir. — Les bains et lavoirs en Angleterre; en France. — Intervention des sociétés.

A côté des questions que nous venons d'examiner, celle-ci paraîtra d'une importance bien modeste. La solution en serait pourtant d'une véritable utilité pour toute société de secours mutuels. « I] y a trois ou quatre aspects principaux sous lesquels peut être envisagé le bonheur d'un peuple, a dit un membre éminent de l'Institut ^. Parmi ces points, qui tous se tiennent, il en est un qu'on nomme moins souvent que les autres et qui peut-être mériterait d'être nommé le premier : ce point, c'est la santé du peuple. »

Il n'y a donc pas de détails oiseux, pas de petites précautions lorsqu'il s'agit de cette santé si importante des ouvriers. Or, si, en état de santé, la propreté, cette condition première de l'hygiène de l'ouvrier, — la propreté, qu'un philosophe ^ a appelée une vertu, et dont un autre philosophe a dit que, « quand cette vertu devient une vertu nationale, c'est un grand bénéfice pour un pays, « — si la propreté, c'est l'eau qui coule ; — « cette eau, qu'avec une si admirable abondance, j'allais dire avec une si admirable charité, la Providence a épanchée sur toute la surface de la terre * ; » — en état de maladie, la propreté, plus indispensable

' Dans le langage impropre mais usité des sociétés de secours mutuels, le mot lingerie a, comme on va le voir, une signification qui dépasse son sens littéral.

'^ M. Lélul, Peiits traités de V Académie des sciences morales et politiques. Pela santé du peuple.

■^ M. de Tracy.

* M. Lélut, vbi sup.

encore, c'est le linge de corps sain et souvent renouvelé. Tout le monde sait que dans les campagnes ' comme dans les villes, le linge, au moins en quantité suffisante, fait le plus souvent défaut à l'ouvrier et à ses humbles voisins ; que dans les villes comme dans les campagnes, les emprunts d'objets de lingerie à des familles plus favorisées, ne manquent pas d'une certaine difficulté pratique, et du reste, — et très-heureusement, — ne plaisent pas à tous les travailleurs. Au surplus, en cas d'accident, de blessure, — car il faut que la société mutuelle offre à ses membres tout ce mobilier spécial qui est là tout prêt dans les hôpitaux, — quelle est la famille, même très-riche, qui ait à sa disposition sur l'heure tous ces appareils nécessaires pour panser les plaies, pour réduire les fractures, appareils dont l'absence, dans cette vie si exposée de l'ouvrier, peut présenter de si graves inconvénients?— Cesobjetsde literies modestes, mais confortables, aussi indispensables au malade que les soins du médecin, combien de familles ouvrières en sont à peu près dépourvues !

« Dans la Société philanthropique de Niort, dit avec une légitime satisfaction llionorable président de cette société, nous avons tout cela : draps, chemises, linges pour pansements, bandes, compresses, coussins de toutes formes, appareils pour fractures, paquets tout préparés patelles et linges) de diverses dimensions suivant le membre fracturé, bafignoire de toutes grandeurs, instruments, ustensiles, accessoires de toutes sortes pour malades ou blessés ; nous avons enfin dix lits en fer, portatifs, de diverses dimensions, avec matelas, couvertures et accessoires. »

Les trop fréquents accidents de nos chantiers démontrent chaque jour que toutes ces précautions ne sont pas le luxe de la prévoyance.

On ne saurait donc trop engager les sociétés à saisir la première occasion favorable pour doter leurs membres de la bienfaisante institution d'une lingerie et objets accessoires. Une cotisation spéciale une fois payée, et s'il le fallait absolument

* Nous jiailons ici du juiysan, du simple ouvrier rural, et non du gros fermierel du cullivaleur-|)ro|iriél;Éire, cliez Ies(|uel8 le linge grossier, mais sain et abondant, existe souvent aveu une sorte de luxe relatif.

'^ Im, l'ralernité, 1" année, p. 259.

L'exemple est suivi avec plus ou moins d'ampleur à Metz, à 'i'hionville, à Arras, etc. ?> registres : un registre d'inventaire, un registre des prêts, cl un livre de caisse assurent la régularité du service de la lingerie.

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