‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 199 sur 331 · PARTIE V, CHAPITRE X · texte numérisé non relu

PARTIE V, CHAPITRE X

l'aide des membres honoraires et de quelques dames patronnesses, font facilement la première dépense, qui n'est pas trè^considérable dans les sociétés peu nombreuses. Le temps fait le reste. Le bulletin des sociétés contient des détails précis sur l'organisation, l'accroissement et le service des lingeries *. Que cette amélioration se généralise et ce brancard sur lequel la foule attristée voit passer trop souvent l'ouvrier victime de l'industrie ne se dirigera plus invariablement vers l'hôpital.

Voilà pour la maladie, pour les blessures. Quant à la vie de chaque jour, quant au linge, si rare et si peu renouvelé, que possèdent en propre les familles d'ouvriers, on sait dans quelles mauvaises conditions il se trouve placé, au prix de quels sacrifices il se lave ; car l'eau elle-même coûte cher, malgré son abondance, et quelquefois la moitié du linge de ménage a dû être laissée en gage pour obtenir le blanchissage de l'autre moitié. Qui n'a vu cette unique chambre servant à la fois de logement, de buanderie et de séchoir ; cette humidité malsaine qui y règne, ces évaporations délétères s'ajoutant à un air déjà corrompu ? Des efforts sérieux ont été tentés pour remédier à tous ces maux : en Angleterre d'abord, chez nous ensuite. En Angleterre, la création des bains et des lavoirs publics a été l'objet d'un acte spécial du parlement [the Baths and Washhousesact, 1846-1847), aux termes duquel les autorités locales ont été autorisées à fonder sur les fonds paroissiaux des établissements de cette nature. Dès 1858, neuf des paroisses les plus populeuses de Londres avaient profité des dispositions de cet acte. L'excédant de recettes sur l'établissement de bains annexé à chaque lavoir sert à compenser les pertes qu'occasionnerait le lavoir exploité isolément. Outre les paroisses, ici, comme toujours dans ce pays, les souscriptions volontaires et les associations libres, ont pris pour leur compte la plus grande partie de ce progrès sanitaire. En France, la loi du 3 février 1851, dont les auteurs ont pensé que pour arriver à des résultats sérieux, les encouragements de l'État étaient nécessaires surtout au début, a produit pareillement les meilleurs fruits. Paris comp-

' Voir, notamment, Bulletin de 1856, p. 125. Notice de la Société plntanthropi(iue de La Rochelle.

Page 1