CHAPITRE XL
ANNEXION DU PRÊT d'hONNEUR '.
Considérations sur le prêt ordinaire. — Le prêt sur gage. — La banque des prêts d'honneur. — Son organisation. — Les sociétés mutuelles peuvent beaucoup pour vulgariser cette grande idée. — Exemples.
Tout le monde connaît l'admirable institution du prêt d'honneur.
Cet homme laborieux, à qui nous avons prêché la prévoyance, première assise du capital, pourra quelquefois, quand une somme lui deviendra indispensable pour acheter des outils, des matières, pour réparer une perte ou pour prévenir un malheur.
* Nous reproduisons tel quel, d'après la première édition, le présent chapitre. Nous ne pouvons pas nier que dans le mouvement d'idées auquel donne lieu actuellement le crédit populaire, l'humble et cependant bien admirable prêt d'honneur, organisé par les sociétés mutuelles, ne disparaisse comme un imperceptible atome. Peutêtre même en est-il ainsi, en changeant les proportions, du prêt d'honneur généralisé dont un des plus fervents adeptes du crédit populaire ', déclarait récemment qu'on « ne saurait méconnaître la généreuse inspiration » et auquel on ne pourrait reprocher que d'être trop empreint d'idées de bienfaisance pure 2. Malgi-é le peu de succès effectif du prêt d'honneur dans l'ensemble des sociétés de secours mutuels (sans doute par suite de la difliculté de créer un fonds spécial), nous persistons cependant à croire que ce genre de prêt serait susceptible de fonctionner même à côté de cette organisation virile et si féconde du crédit populaire qui sera étudié jilusloin. Dans l'ensemble des rouages économiques, il y a, suivant nous, une place pour ce système de l'argent du pauvre prêté à des pauvres— dans des cas spéciaux,— sans autre garantie, sans autre gage que l'IiDuncur de ces derniers. Pour bien juger le prêt d'honneur, il ne faut i)as, en l'examinant, fixer sa pensée sur les créations de M. Schulze Delitscb ou la liberté des banques; il faut songer aux abus et à l'immense clientèle des monts-dc-piétés.
Les loan societics anglaises (qui étaient au 1" janvier IbGS), au nombre de COO avaient reçu dans l'année 17G,4;J9 demandes de prêt,— sur lesquelles un dixième seulement (lô,'28')) n'avait pas été suivi d'effet; —et avaient prêté 19,125,000 fr.) :' sont
• M. Ilorn, préface du m(fnioiro de M. Diitliio, p. 38.
» Voir danH co Bens un arlirle do lu lin ne. contemporaine, du 81 août 186*. » Ahslract ufaccounls of Loan societies in Englund and ff^aks l>y Joli Tidd-Pratt.