‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 209 sur 331 · PARTIE V, CUAPITRE XH · texte numérisé non relu

PARTIE V, CUAPITRE XH

dehors de l'école primaire, à l'efficacité sérieuse et même au succès de lecture de tels contes allemands bien connus, et de beaucoup d'autres œuvres analogues figurant avec honneur sur tous les catalogues expurgés. En vain mettrez-vous en tête de ces livres, ou de tout autre livre analogues : Lectures populaires; en vain direz-vous à votre «public qu'ils ont été faits expressément pour lui, cette distinction où l'homme de labeur verra percer malgré vous une sorte de sentiment de dédain, le blessera, au lieu de le séduire. Il ne voudra pas être en lisière pour ses lectures, alors surtout que la vie publique ouverte maintenant devant lui en a fait un majeur ; et plutôt que de lire vos opuscules de l'enfance , il retournera aux conversations creuses de la place publique, ou aux plaisirs grossiers du cabaret. Pouvez-vous d'ailleurs empêcher que de temps à autre un livre véritablement mauvais tombe sous les yeux de ce lecteur habitué à un monde de convention, sans passions comme sans misères ; ou tout au plus à un monde dans lequel suivant les sacramentelles traditions du théâtre, — à la fin des pièces, — on ne montre le vice que comme menant dans les faits mêmes à la ruine, et la vertu que comme le chemin assuré de la richesse et du succès? Alors, et dès les premières pages, quel effet désastreux ne feront pas sur ces esprits si faussement maintenus dans le demi -jour de la tutelle, ces nouveaux aspects qu'aucune transition, qu'aucune vérité n'auront préparés? Le livre inopinément lu, ne fût-il pas mauvais, mais simplement véridique, que pensera de la vie réelle, que pensera surtout de la sincérité de ceux qui affectent la tâche de l'instruire, cet homme à qui vous n'aurez pas simplement dit que, dut-il savourer l'amertume du devoir accompli sans autre profit que l'exaltation de sa conscience, il aura fait une chose bonne, parce que le devoir est le devoir? On a à peu près renoncé aux bourrelets pour l'enfance, car, si le bourrelet empêche l'enfant défaire des chutes dangereuses, il l'empêche aussi d'apprendre à éviter les chutes. Ne craignez donc pas de faire voir à ces esprits droits, après tout, et à ces cœurs fermes, autre chose que des médiocrités sans danger, mais aussi sans avantages. Laissez la justice et la vérité dissiper d'elles-mêmes et de leur lumière propre, les obscurités impuissantes de l'injustice et du men.-oMgo. 11. 20

Quant à nous, nous croyons qu'il ne serait pas impossible de trouver dès à présent, dans les chefs-d'œuvre de notre littérature nationale, dans les traductions soigneusement faites des littératures étrangères, des livres réunissant ces deux conditions essentielles : la virilité et la sécurité sociale ; des livres en harmonie avec les véritables besoins intellectuels du peuple ; des livres qui élèveraient réellement son âme au-dessus de la sphère des intérêts matériels, qui lui révélaient la poésie du travail, et aussi cet attrait de la vie des champs, si invisible pour lui jusqu'à l'heure présente. Œuvres sérieuses ou œuvres charmantes, notre pays, surtout dans le roman, dont on ne peut nier désormais l'influence sociale, et avec lequel chacun doit compter, notre pays n'a plus rien à envier à ce sujet à aucun autre. Qui sait si, de cet enseignement qui pénètre l'homme par le cœur et par la passion des belles choses, il ne résulterait aucun avantage au point de vue de ce dégoût de la vie rurale qui dépeuple nos campagnes, en pléthorisant nos cités?....

Des chefs-d'œuvre donc, agrandissant l'esprit, tout en répandant des idées saines, l'enorgueillissant par l'histoire, l'affermissant par la raison ! Beaucoup de ces chefs-d'œuvre ne sont pas à faire ; les autres, croyons-le, viendront à leur moment. Regardez ce qui se passait avant l'effroyable déchirement actuel, — qui désole l'humanité en raffermissant la conscience — dans le pays civilisé où l'on disserte peut-être le moins sur la littérature : aux États-Unis, dans ce pays où la littérature nationale réunit à peine ses premiers éléments de formation '. Tous les grands ouvrages anglais sont reproduits par millions d'exemplaires, et le génie de la Grande-Bretagne, dominant encore les Yankees libres, rayonne jusqu'au fond des forêts du

' Les Américains écrivent cerUiinemcnl aillant qu'ils lisent Ils lisent beaucouji, connue on l'a dit s|iiriliiellLmcnt, pour être vite aussi savants que la vieille Europe; ils écrivent beaucoup dans l'espoir de lui l'aire concurrence sur le marché littéraire universel. Mais Irurs pioduclioiis, malgré l'engouement iuoui de l'Europe pour certaines Oîuvres récentes, et, malgré la valeur incontestable de quelques-unes d'entrés elles, ne constituent pas encore une littérature.

Aux i<)lals-Unis comme en Angleterre, les écoles primaires se divisent en écoles quotidiennes cl en écoles du dimanche. Les sabbath schook américaines sont au nombre de plus l'éO,UOO. Telle école du dimanche possède une bibliothèque de plus de lUO.OOU volumes.

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