‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 211 sur 331 · PARTIE V, CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

PARTIE V, CHAPITRE XII

tienne des jeunes gens, etc., etc.; de même le catholicisme a en France sa Société pour l'amélioration et l'encouragement des publications populaires, ses grandes bibliothèques paroissiales d'Avignon , Bordeaux , Cambrai , Nevers , Poitiers , Lille , Limoges, etc., etc.; ses publications périodiques : la Semaine des Familles, l'Ouvrier, les Petites lectures illustrées, etc.; de même enfin, les protestants ont la Société des traités religieux, à Paris ; la Société des livres religieux à Toulouse, Strasbourg, Colmar, Lyon ; le Lecteur, organe des bibliothèques populaires, etc. Le gouvernement, de son côté, a fait, surtout dans ces dernières années, les plus énergiques efforts. 11 suffit de citer les circulaires du ministre de l'intérieur du 20 avril 1850; les circulaires et arrêtés du ministre de l'instruction publique, en date du 20 août 1859, 26 juin 1860 et 24 juin 1862. Pour la part de l'initiative privée : la Bibliothèque des Connaissances utiles, la Bibliothèque nationale ', la Bibliothèque utile, l'Encyclopédie des Écoles, la Bibliothèque des Campagnes, la Bibliothèque universelle des Familles, etc., offrent leurs collections. Le travail de M. Jean Macé, Conseils pour V établissemeul des bibliothèques communales; le recueil de M. N. Chaix, le Moniteur des bons livres; le travail complet de M. Léon Vidal, Conseils pour la formation des bibliothèques spéciales, administratives, communales, professionnelles, militaires, hospitalières, pénitentiaires, industrielles et autres ; enfin, le catalogue des livres suscités par la Société pour l'instruction élémentaire, présentent un ensemble de renseignements spéciaux sur la manière de former une bonne bibliothèque. A côté de ces efforts spéculatifs viennent se placer des efforts pratiques : à Mulhouse, la Société des Bibliothèques communales du Haut-Rhin ; à Colmar, la Société alsacienne pour l'amélioration et la propagation des publications populaires; à Guebwiller (partout dans cette Alsace on sent le voisinage de l'Allemagne), la Société de la Bibliothèque et des cours populaires; à Paris, outre la

niques et étrangères, la société congréganiste, les deux grandes Sociétés des écoles du dimanche, etc. répandent aussi des livres avec cette vigueur dont ce peuple a le secret.

En Hollande et en Belgique, l'idée des bibliothèques populaires a largement fructifié aussi. Les esprits les plus distingués n'ont pas cru descendre en s'y employant.

' Celte dernière fondée par quelques ouvriers typographes qui, après leur journée, y travaillent comme travail supplémentaire.

fondation déjà effectuée de bibliothèques populaires dans plusieurs arrondissements, la Société des Amis de l'instruction populaire^ et surtout la Société Frankliii^ constituent déjà un faisceau considérable de forces, premier fonds qui permet d'agir sans retard.

Dans quelle mesure l'État, les communes, les associations privées contribueront-ils à la création des bibliothèques populaires? On peut penser ce qu'on voudra de la propagande des livres par l'État ; mais on aurait autant de tort de la rejeter complètement en principe que d'attendre et même de désirer de lui, sous ce rapport, une intervention aussi active que celle qu'on peut lui demander quand il s'agit de répandre l'instruction primaire, c'est-à-dire la partie matérielle de l'instruction. Tout ce qu'on peut souhaiter, c'est que l'État laisse ici toute libei'té à l'action individuelle. Il est certain qu'on ne peut que louer chaleureusement, par exemple, la création d'une bibliothèque dans tous les établissements primaires du pays. Les cent milles volumes qui ont été distribués depuis trois ans aux bibliothèques scolaires, d'après le principe posé dès 1831 *, et généraUsé comme application en 18(3:2, sont une largesse des plus utiles. Le dévouement individuel ne peut qu'en recevoir une salutaire impulsion.

Quant aux communes, on avait espéré longtemps qu'on leur devrait la fondation des bibliothèques populaires. Dès 1844, M. de Cormenin développait ^ un plan complet de bibliothèques cantonales et communales. En voyant l'intimité des résultats obtenus, beaucoup de personnes avaient ensuite renoncé à espérer des communes une impulsion appréciable. Trop restreinte réellement e.st aujourd'hui, pouvait-on dire, la vie communale ; trop faibles les liens qui, par la seule commune, rattachent les habitants entre eux; trop vivement réclamées, d'ailleurs, par des besoins d'une urgence plus sensible, les ressources des municipalités, pour qu'il y ait un fondement sérieux à faire sur les coinmuues au sujet de la création poursuivie. Les communes semblent eu ce muin(.'nt douner uu démenti à ces fâcheux pro-

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