‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 212 sur 331 · PARTIE V, CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

PARTIE V, CHAPITRE XII

nostics * ; on ne peut que s'en féliciter. Une part considérable, sinon prépondérante, nous paraît cependant devoir appartenir à l'association privée.

« Pour organiser les bibliothèquespopulaires, permanentes ou autres, dit avec beaucoup de raison le programme de la Société alsacienne, et pour en augmenter le nombre, pour faire en sorte que les livres soient toujours accommodés aux besoins, à la situation particulière des divers centres des populations, c'est aux œuvres locales qu'il faut recourir, et ce sont ces œuvres qu'on ne saurait trop multiplier. •>•> Ici arrivent à leur rang les sociétés de secours mutuels. Ces sociétés qui s'élèveront de plus en plus dans la pensée de subvenir aux besoins de toute nature de leurs membres, qui constituent des agrégations réelles et non de circonscriptions territoriales, qui, en outre, pourront répoudre avec certitude à des tendances et à des besoins spéciaux — tendances et besoins variant avec chaque localité — sont naturellement désignées pour la création dont il s'agit. Déjàplusieurs l'ont tentée avec succès '. Sous la direction éclairée, et au besoin avec le concours matériel des membres honoraires, ces heureuses tentatives se généraliseront. Pour les bibliothèques, comme pour tant d'œuvres importantes, la plus modeste initiative suffît, qu'on ne l'oublie pas. Quelques volumes donnés, la contribution volontaire de quelques membres ajoutée, la semence aura été jetée et elle germera.

Si certains ouvrages, monuments de l'esprit humain, ou codes indispensables des méthodes, doivent toujours, d'ailleurs, rester entre les mains de la société à la disposition de ses membres, il est des livres qui, après un temps donné, seraient utilement remplacés par d'autres. Ces livres, — bienfaisante circulation des idées, — iraient alors porter ailleurs les fruits qu'ils auraient déjà produits sur un point. C'est cette idée qui avait donné lieu au plan économique et ingénieux que M. de Gormenin, — car il

' La Société des bibliothèiiues communales du Haut-Rhin, d'après les comptes-rendus du comité de Mulhouse, a déjà obtenu notamment de réels résultats. A peine au début de ses efforts, sur 4'Jl communes, elle avait amené à la fin de l8Gi, la création de 33 bibliothè(iues communales. Celle de Beblenheim, qui a débuté à la fin de 1862 avec 12 volumes, en a l,lUOen 1864. Puisse l'initiative de l'Alsace être féconde !

'^ Voir Bulletin, 1855, p. 167 ; 1856, p. 139. Dans ce dernier bulletin, un règlement très-simple à consulter.

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serait tout à fait injuste d'omettre les précédents de la question, — avait cofiçu pour les communes. Un roulement de livres par communes, de manière par exemple que cent volumes pouvaient être lus au bout de dix ans par dix communes, constituait, comme on le sait, le fond de ce plan, qui eût été d'une exécution facile dans son ensemble pour les associations mutuelles, à mesure surtout que les relations que l'avenir leur réserve fussent devenues de jour en jour plus intimes.

Mais aujourd'hui ou peur offrir aux sociétés mutuelles comme aux communes elles'-raêmes, une combinaison beaucoup plus favorable encore. Fondée à Paris en 1862, sous la présidence de M. Boussingault, membre de l'Académie des sciences, \à Société Franklin définit ainsi son intervention et son concours :

« La Société Franklin aide à la fondation et au développe- » ment des bibliothèques par ses conseils et ses indications, par » la communication de ses catalogues, par son entremise dans » les acquisitions de livres de fonds et autres, par des dons en » ouvrages ou en argent, et enfin par l'envoi de caisses de cir- )) culation auxquelles seront joints gratuitement des registres » imprimés pour l'inscription des livres prêtés. »

Chaque bibliothèque locale, pour obtenir le concours de la Société Franklin, doit payer la cotisation annuelle qui n'est que de 12 fr. Par son intermédiaire, des caisses contenant en volumes solidement reliés une valeur de 200 fr. moyennant une location de 25 centimes par jour, soitTfr. 50 par mois sont mises à la disposition des bibliothèques. Quand tous les volumes ont été lus, — mais dans un délai maximum de trois mois, — la caisse est reprise et remplacée sans frais par une nouvelle. Chaque caisse contient cinquante ou soixante volumes. Les catalogues contiennent un très-grand nombre de numéros en ouvrages d'histoire, de morale, de religion, de science et même d'agrément '.

On voit qu'outre leurs livres, pour ainsi dire de fonds, — ceux qui provicuncnl de dons ou d'achats, — les sociétés mutuelles peuvent avoir sans dépense, en se rattachant à la Société Fran-

Lp8 Trais de |iort aller cl retour sont payés par la bibliothèque.

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