COMMUNE
Le respect des morts. — La voirie du pauvre. — Sépulture à part fournie par les sociétés de secours mutuels. — Moyens d'exécution. — Nécessité d'une remise sur les concessions de terrains analogue à celle du droit municipal sur les convois*.
Si les sociétés antiques considéraient l'obligation de donner la sépulture aux morts comme un devoir primordial de religion, l'infraction à ce devoir comme un crime horrible * ; si on a pu composer de nombreux volumes sur les usages sacramentels des funérailles de l'Egypte, de la Grèce et de Rome, sur les honneurs de toute nature rendus par le paganisme à ceux qui « avaient vécu, » il faut reconnaître que ce sentiment profond et remarquable du respect des morts s'est principalement, chez nous, conservé intact dans les classes laborieuses. Qui a jamais pu voir sans émotion, à certains jours de l'année, cette affluence d'ouvriers encombrant les grands cimetières de Paris et venant apporter à des liens brisés, à des affections perdues, le pieux tribut d'un souvenir? Heureuse mais trop rare protestation contre le matérialisme qui nous envahit ! « Dans le respect des morts, a dit M. Guizot, est contenue la croyance à l'immortalité de l'être humain, à l'individualité de l'être immortel, à la persistance d'un certain lien, d'une certaine société entre ceux qui sortent de monde actuel et ceux qui y demeurent '. » Cette triple et grande pensée est certainement vivace au fond du cœur du peuple « foi instinctive, base d'un sentiment universel et invincible,
' Voyez sur le même sujet, 4* partie, p. 59.
'^ (cntum errant annos, rolilanUiuc h.rc litlora circuin, dit le poiite, l'iiisant eriTi sur leii liurd» du Styx les âmes de ceux (|ui iriivaienl puinl reçu lu sépulture. * Uédilalionn cl l'iudcs morales.