‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 225 sur 331 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

d'une combinaison de l'action des sociétés de bienfaisance avec celle des sociétés de secours mutuels. — du recrutement

obligatoire. — DES RELATIONS DES SOCIÉTÉS ENTRE ELLES.

L'introduction peut et doit être facilitée par les institutions de charité ; mais le sociétaire doit rentrer ensuite dans le droit commun de la prévoyance individuelle. — Caractères d'une intervention autrement comprise. — Moyen proposé par la centvingtième société de Lyon pour recruter les sociétés. — Relations des sociétés entre elles au point de vue du domicile de leurs membres. — Changements définitifs de résidence. — Simples déplacements. — Abaissement des barrières entre les sociétés. — De l'impulsion locale collective.

« Quand la France le voudra, elle réduira de plus de moitié le nombre de ses pauvres, sans recourir à de profondes combinaisons ni à de coûteux sacrifices ; il lui suffira de mettre en pratique l'idée la plus simple. Celte idée la voici : Ralkicher l'action des sociétés de bienfaisance à celle des sociétés de secours mutuels, en consacrant une partie des fonds des premières à l'introduction des indigents dans les secondes. »

L'intervention permanente du pouvoir dans le régime des sociétés mutuelles, « pourrait devenir suspecte et finir par jeter du discrédit sur ces institutions. Qui donc doit se charger du soin de les accroître et de les multiplier? Les institutions charitables. Il faut que les sociétés de bienfaisance et les sociétés de secours mutuels se concertent pour démontrer à l'ouvrier la nécessité de l'association et pour leur en faciliter l'accès. La propagande doit se faire surtout par les associés eux-mêmes, intéressés à augmenter le fonds social et les dividendes. »

Les lignes qui précèdent sont la conclusion d'un article sur les réformes sociales en Angleterre, article se terminant pai' divers aperçus sur la situation économique de notre pays ' .

L'idée renfermée dans ces lignes nous semble motiver quelques observations.

iNous sommes loin de contester ce que l'application aurait immédiatement de pratique. Nous-même, au début de ce livre,

' Revue des Deux-Mondes , du 1°' novembre 18C4. M. Davésiès de Pontés.

uous nous sommes efforcé de démontrer la fécondité du rôle que la charité a le droit comme le devoir de remplir dans l'ensemble des moyens préventifs, et dans l'organisation de la mutualité en particulier. Il nous est impossible cependant de ne pas faire une distinction : que les institutions de pure bienfaisance, au lieu d'employer leurs fonds à des distributions toujours sans doute inspirées par le dévouement, mais le plus souvent sans effet décisif sur le pauvre, le fassent entrer dans une société de secours mutuels, elles n'auront certainement jamais trouvé un meilleur emploi de leurs fonds et elles auront accompli, quant à elles, un très-grand progrès. Mais, quant à la société mutuelle, qu'on n'oublie pas qu'elle repose surtout, qu'elle repose même uniquement sur l'action individuelle et spontanée, sur l'épargne laborieuse et la prévoyance difficile. L'intérêt de la société générale exige trop impérieusement que la mutualité conquière le plus grand nombre possible d'adeptes pour que nous contestions à une institution de charité, sorte de patron collectif de l'indigent, le droit de payer pour lui le droit d'entrée et même les premières cotisations, de le conduire en un mot par la main jusque dans le milieu salubre où il éprouvera bientôt de lui-même ce sentiment de dignité personnelle qui ne s'apprend pas, mais qui se gagne. Rien de plus simple donc et de plus utile. Mais là doit se borner, sous peine d'une confusion fâcheuse des choses les plus dissemblables, l'action de l'institution de charité. Si cette action était entendue dans ce sens qu'elle devrait aller ouvertement ou indirectement jusqu'au paiement régulier des cotisations du sociétaire, le secours qui était accordé à l'indigent avant son intrusion dans la société, continuant ainsi simplement d'être donné sous une autre forme; si l'institution de charité se substituait en fait à l'associé mutuelliste pour les diverses obligations pécuniaires qui incombent à celui-ci, le faisant ainsi profiter du bénéfice de dépôts qu'il n'aurait pas effectués lui-même sur le produit de son propre labeur; alors, dans l'intérêt bien compris de ces nobles agrégations d'ouvriers qui considèrent avec raison l'assistance continue etacceptéc sans honte, comme une véritable déchéance morale, nous refuserions notre adhésion au moyen proposé. Le versement de 12 ou de \H fr. par an dans la caisse d'une asso-

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