PARTIE V, CHAPITRE XVI
duit dans l'édifice, un germe fatal de destruction et de mort ? Nous ne sommes pas de ceux qui affirment avec violence parce qu'ils ont affirmé une fois, ou qui mettent quelque chose avant l'intérêt du sujet qu'ils traitent. Nous nous bornons à chercher le vrai, espérant qu'à travers les difficultés de la route, et nous fussions-nous trompé, on apercevra toujours bien la sincérité de notre recherche et le courant général d'idées dont nous nous inspirons. Nous croyons donc que dans cet ensemble de choses relatives et de concessions réciproques qui constituent toute question sociale, nous avons été pratique, sans nous écarter plus que de raison des principes. Nous avions à discuter des faits ; nous avions devant nous une institution qui fonctionne ; nous n'avions à disserter ni sur des abstractions et des systèmes individuels, ni sur un état de société plus parfait que le notre. Nous parlions pour aujourd'hui, ne cherchant pas à trouver les solutions de demain. Quoi qu'il ensoit donc, — et pour ceux qui repousseraient complètement la forme actuelle de la participation des classes possédantes et des autres classes dans les cadres des associations de prévoyance, — nous allons dire comment en Angleterre, un homme très-pratique, connaissant bien le caractère de l'ouvrier, en même temps que le génie de l'institution mutuelle, comprend la juxtaposition dont il s'agit et la conseille à ses compatriotes.
« Il serait désirable que les sociétés pussent être assez importantes et assez étendues pour mériter d'attirer l'attention et de s'assurer les services d'hommes d'expérience et de savoir, comme directeurs ou administrateurs. Nous savons que même, avec le système actuel, le clergé et la gentry manifestent souvent un grand intérêt aux Fricndly societies qui sont dans leur voisinage, et nous sommes aussi tout disposés à reconnaître que l'admission d'hommes instruits et bien posés, comme membres honoraires, introduit souvent une action bienfaisante et protectrice tendant à établir des relations affectueuses entre des hommes qui eussent été sans cela séparés par leurs positions et leur fortune, et nous croyons aussi que ces relations ne peuvent qu'effacer les sentiments de déOance et d'hostilité qui animent souvent les ouvriers envers ceux qui sont au-dessus d'eux. D'ailleurs au point de vue pécuniaire, les donations des membres honoraires, en augmentant les recettes, sans augmenter les dépenses, ajoutent aux bénéfices (}ue peut produire l'association, en même temps qu'ils lui donnent des chances de stabilité. Néanmoins, nous sonunes complètement de l'opinion que l'intérêt que portent les hautes classes aux Friendbj societies, doivent avoir un caractère plus direct et plus substantiel que celui qu'implique la position de membre honoraire. Il est, en fait, dési-
rablo que leurs contributions ne se présentent pas sous la forme de donations, mais bien sous ceUe de placements. Moins une société compte sur des ressources incertaines, plus elle s'administre d'après les stricts principes d'une affaire ordinaire, et mieux vaut pour ses membres. Il serait li désirer qu'elle se rapprochât dans sa constitution des compagnies d'assurances métropolitaines et elle pourrait prendre rang comme cabinet d'assurances provinciales avec un fonds de garantie, payé au début qui serait une sauvegarde contre les éventualités fâcheuses et une garantie de bonne administration. Ce fonds donnerait aux souscripteurs un bon intérêt et fournirait à la gentry du district l'occasion de placer avantageusement une portion du surplus de ses revenus, tandis qu'elle trouverait là aussi une occasion de venir en aide à une louable entreprise. Toute friendly societie déjà établie ou voulant s'établir peut, dans le but de former une garantie permanente et un fonds de roulement, émettre de temps en temps des actions pour ce fonds de garantie, n'excédant pas 5 livres chaque, à la condition qu'elles seront écrites et certiOées comme étant sûres et bien faites par Vactuary des commissaires de la réduction de la dette nationale, ou par un aciuary attaché à quelque compagnie d'assurances, établie depuis au moins 5 ans à Londres, Edimbourg ou Dublin. Ces actions devront être rédigées comme l'indique la cédule de cet acte et le total des sommes reçues pour ces actions, avec les autres sommes perçues d'après les statuts de la société, formeront un fonds destiné à défrayer toutes les dépenses de la société et charges d'administration ainsi qu'à aider la société à payer les indemnités promises par elle, dans les cas où les bénéfices naturels ne suffiraient pas. Et dans les cas où les fonds seraient employés pour n'importe quel autre but que ceux mentionnés ci-dessus, la personne qui les aurait détournés de leur application serait responsable de ce mauvais emploi et devrait rendre les sommes. Toutes ces actio7is de garantie devront être enregistrées dans le livre de la société et porteront un intérêt de 3 livres 5 s. p. 100 qui sera la première charge de la société. — Ces actions seront exemptées des droits d'enregistrement et pourront être transférées par endossement, à toute autre personne. — Le détenteur de ces actions aura droit, par voie de bonis, à une part des profits de la société déterminée et ai)prouvée par Vacturay sus-mentionné ; mais les actions tic pourront être retirées qu'en cas de dissolution de la société et nul trustée, ou autre officier de la société, ayant signé ces actions ne sera responsable de leur paiement.
a Ce n'est pas seulement comme une sauvegarde contre les événements et pour avoir un fonds assuré, qu'un capital accumulé est désirable. C'est au?si parce qu'il donnerait à des personnes plus riches et plus instruites l'occasion de servir la société et d'introduire dans la direction des alfaires un savoir et une expérience (|u'on ne trouve pas, jusqu'à présent, parmi les directeurs des Friendlys. C'est d'après ces idées que nous avons proposé que le capital ne put jamais Mre partagé, excepté en cas de dissolution de la société, pour (|U(! l'on puisse ass\irer, par un intérêt pécuniaire, direct pe)idarit toute la durée de son existence, le soin et la vigilance qui sont aussi nécessaii'es dans les dernières années d'une société que dans les premières '. »
• Scralchley, Manual treutise on friendly societies, \\. 80-83.