‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 247 sur 331 · PARTIE VI, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE VI, CHAPITRE II

temporaire et limitée, lorsque les membres ont atteint l'âge où l'âge et la maladie ne font qu'un ' ; de préparer une réserve avec l'excédant des recettes sur les dépenses, dans les débuts de l'association.

« Il est évident, continue sur ce dernier point l'auteur du grand travail On associations for provident investmentj que, d'après notre loi de maladie, chaque sociétaire doit payer beaucoup plus que la moyenne des bénéfices perçus par lui dans les premières années de son entrée dans la société. En d'autres termes, si 100 personnes ont ensemble 600 jours de maladie dans la première année de leur entrée dans la société, leurs souscriptions réunies doivent être considérablement plus élevées que la dépense des 600 jours. Il ne suffit pas que la société soit apte à tenir ses engagements ; il faut encore qu'elle puisse avoir de la marge pour les éventualités de l'avenir ^. »

« Ce qui résulte de tous les calculs auxquels ont donné lieu la maladie et la mortalité dans les sociétés d'Amis, et des tables qu'on en peut déduire, conclut après avoir analysé les derniers travaux le savant actuary, M. Brown ^, c'est que nous avons le moyen d'assurer solidement la position de toute association de prévoyance soumise à l'épreuve de l'évaluation. »

Un savant français très-autorisé écrivait, en 1850 *, que, jusqu'à cette époque, les recherches anglaises sur les lois réelles de répartition des maladies et de la mortalité avaient été en réalité à peu près infructueuses. Nous ne savons si aujourd'hui et après les grands travaux de MIVI. Finlaison, Scratchley, Tidd- Pratt, etc., son opinion (qui était, du reste, il y a quelques années encore, celle des juges anglais les plus compétents *), ne serait pas modifiée. Ce qui est certain, c'est qu'on ne saurait assez louer les efforts persévérants de nos voisins pour donner à la mutualité la seule base qui puisse la fonder d'une manière

' Ainsi voici le calcul de la seconde table poursuivi après 65 ans : 70 ans, 76.62 journées de naaladie, 75,120.14 j.; 80,190.50 j.; 85,304.50 j.; la « maladie » devient permanente bientôt après.

3 Cité dans le rapport du registrar de 1864 (p. 23).

* M. Bienaymé (Circulaire du 9 septembre 1850. Ministère du commerce). 5 Voir VÉconomùt, novembre 1859 (article reproduit par le Journal des Economistes, décembre 1859).

définitive. Ces efforts qu'aucun sacrifice n'arrête et qui continuent sans relâche \ nous semblent contenir une éloquente leçon pour notre mutualité '^.

' Nous avons dit plus haut que le registrar réclame, pour étudier encore cette question de la création d'un système tout à fait rationnel d'assurances contre la maladie, la nomination d'un comité spécial parlementaire dans la session de 18G5.

3 Nous ne spécifions pas, car il faut se borner, les répartitions des tables suivant les localités et les professions (M. Scratchley, aidé de M. C.-W.Brabrook, secrétaire correspondant de l'institut des Friendly Societies en a dressé pour les divers cas). Nous dirons seulement qu'en général les sociétaires sont répartis en quatre classes suivant la nature de leur profession. La première classe contient ceux qui ne font partie d'aucune des quatre autres; la deuxième comprend les ouvriers occupés à des travaux légers {light labour) ; la troisième les ouvriers occupés à des travaux fatigants (heavy labour)> la quatrième comprend sans assimiliation entre eux, les marins, les peintres, le personnel des chemins de fer, les mineurs. — Ainsi par exemple à l'âge de 55 ans que nous avons spécifié tout à l'heure, pendant que l'ouvrier de la deuxième catégorie [light labour) ne paiera pour obtenir 12 fr. 50 d'indemnité par semaine de maladie que 2 fr. 28 par mois, l'ouvrier de la deuxième classe [heavy labour) paiera 2 fr. 90» le marin 3 fr. 53, le peintre 3 fr. 65, le mineur 3 fr. 85. — A 40 ans les mêmes catégories d'individus paieront 1 fr. 58, 1 fr. 98, 2 fr. 23, 2 fr. 55, 2 fr. 85. — A 25 ans, 1 fr. 20, 1 fr. 50, 1 fr. 55, 1 fr. 65, 2 fr. 05. — A 18 ans, 1 fr. 08, 1 fr. 38 , 1 fr. 32, 1 fr. 48, 1 fr. 85, etc., etc.

Qu'on en soit certain, la vraie fondation des sociétés de secours mutuels n'est que dans toutes ces distinctions là.

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