‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 248 sur 331 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

TRAVAUX SCIENTIFIQUES FRANÇAIS INTÉRESSANT LES SOCIÉTÉS DE SECOURS MUTUELS.

Si les Friendly Societies sont encore dans l'enfance au point de vue des principes, ou

en sommes-nous, en France, au même point de vue?

Tables de mortalité : De Déparcieux. — De DuviJIard. — De Montferrand.

Tables de maladies. M. Mourgue et M. de Gérando. — Table de M. Debouteville.

— De M. Hubbard. — Système de M. Vergues. — Le problème n'est pas résolu.

« Il est évident, disait récemment le Times ', parlant des Friendly societies anglaises, que quelque répandues et développées que soient ces sociétés, elles sont encore dans l'enfance en ce qui concerne les principes, et qu'un long et patient travail sera nécessaire avant qu'elles puissent remplir le très-utile et très-nécessaire but qu'elles se proposent... »

Si le problème n'est pas résolu en Angleterre, après la série d'enquêtes, de recherches, de conclusions que l'on vient de parcourir, on peut juger d'après les rares travaux particuliers exécutés en France où en est chez nous sa solution. Pour les tables de mortalité cependant, les éléments que nous possédons déjà ne sont pas sans importance. Les tables de Déparcieux et de Montferrand ont longtemps joui d'une estime méritée. Dès 1748, le mathématicien Déparcieux se fondant sur l'observation de la mortalité dans les tontines françaises créées en i 689 , 1706, 1709 et 1734, c'est-à-dire opérant sur une période de plus de 40 années dressa, d'après les meilleures méthodes, une table de mortalité à laquelle son ancienneté n'a pas encore enlevé toute sa valeur. C'est cette table qui a servi de base, on le sait, aux calculs des tarifs de la caisse des retraites pour la vieillesse et nous en avons longuement parlé à propos des discussions législatives sur cette caisse.

• Du 21 septembre 1864.

Les éléments de choix qui ont servi à la composition de la table de Déparcieiix la font considérer par beaucoup de personnes, nous l'avons vu, comme exclusivement applicable aux classes élevées de la société. Si on lui reproche de donner une longévité trop grande, en tant qu'appliquée aux classes travailleuses, celle de Duvillard, publiée en 1806, dans l'analyse de Vinfluence de la petite vérole sur la mortalité, passe au contraire, pour donner une mortalité trop rapide, eu égard, surtout, aux améliorations apportées, depuis son apparition, dans l'état général de la population ' . La première remplirait donc vîs-à-vis de la seconde le rôle qu'à rempli en Angleterre la table de Northampton ^is-à-vis de celle de Carlisle ^.

Les tables de Dupré Saiut-Maur et de Buffon, rectifiées en 1779 par M. de Saint-Cyran, mais qui n'ont jamais été beaucoup employées ; les tables très-remarquables publiées en 1838 par M. de Montferrand et les recherches déjà citées de MM. Benoiston de Châteauueuf et Villermé, complètent l'indication des travaux les plus sérieux accomplis en France sur la durée de la vie humaine ^. Il est waisemblable qu'une nouvelle table sera publiée avant peu d'années.

Quant aux tables de maladie, malgré de louables essais, il n'en existe encore aucune chez nous, en laquelle on puisse avoir une réelle confiance. En 1809, M. Mourgue, vice-président du conseil général de l'administration des hospices et secours à domicile de Paris, en cherchant le rapport du nombre des malades reçus pendant cinq ans dans les hôpitaux de cette ville avec la masse de la population indigente, fut conduit à donner pour résultat sept journées de maladie par individu et par an. Ce résultat, qui avait pour but d'assurer une base à un plan de

' Voir M. Mathieu {Annuaire du bureau des lonqitudes).

2 Les compafj'niL's aii|ili(]iicnt onlinaircment la table de Duvillard pour les assurances en cas de décès et la tal)ie de Di'iiarcii-ux pour i'étaiilissenient des rentes viagères.

■i On peut, cependant, citer aussi, à litre d'élément permament de statistique, les tables de la mortalité et de la population en France, par M. Mathieu, uh sup.

A l'étranger, il faut citer : pour In Belgique, les talilcs dressées |iar M. Quelelet, p. 101 et Kuiv., du tome I de son ouvrage sur L'homme et le àévcloppcmcnt de ses fncultét, Paris, 183j; pour la Suède, les tables insérées p. 140 et suiv. de la Théorie des annuités viagères, de Francis Baily, traduction d'Alfred de Courcy, Paris, 1830.

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