‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 251 sur 331 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

DE DEUX AMÉLIORATIONS RATIONNELLES A INTRODUIRE DÈS A PRÉSENT DANS LE RÉGIME DES SOCIÉTÉS DE SECOURS MUTUELS.

Du système des mises inégales destinées à obtenir des avantages proportionnels. — Variations des cotisations et du droit d'entrée suivant les âges. — Spécialisation fies fonds. — Conclusion.

La solution du problème scientifique dont nous venons de parler comme étant la condition essentielle de la prospérité des sociétés de secours mutuels (et que le législateur a du reste considérée comme telle ' ) ne dépend qu'indirectement de ces sociétés. Voici maintenant, dans le môme ordre d'idées, deux •

peut tout prévoir. » De très-grands esprits, Cabanis, d'Alembert, entre autres, ont nié la possibilité de ramener les faits sociaux à des calculs précis de probabilité. Si cette dernière opinion était ici justifiée, on ne pourrait que profondément le déplorer. Heureusement il n'en est rien. En opérant sur les grands nombres, on peut en arriver à une réalisation de prévisions souvent prodigieuse. (Voir, à ce sujet, les recherches de M. Quetelet, Du sxjsième social et des lois qui le régissent).

« Lorsqu'on observe un nombre très-considérable d'événements du même ordre, l'influence des causes variables et accidentelles, par cela même qu'elles sont variables et accidentelles et qu'elles n'agissent pas constamment, doit disparaître dans l'ensemble des résultats des causes donU'iictiou, étant constante, s'exerce sans interruption. La loi que suit la décroissance de l'influence des causes variables irrégulières dans une série

indéfinie d'observations a été mathématiquement démontrée M. Al. de Humboldta

dit, en parlant de l'astronomie:» Les nombres moyens nous représentent ce qu'il y a de constant dans les phénomènes variables, ce qu'il y a de fixe dans les fluctuations perpétuelles des ap|)arences. » Nous pouvons dire avec autant d'autorité que : le but final de la stalisliiiuc est la détermination des valeurs moyennes qui représentent ce qu'il y a de constant dans les fluctuations de la vie sociale » (Ernest Bertrand, De la statistique et de son application à l'étude des faits sociaux).

On a remarqué qu'en Angleterre sur 100 tètes auxquelles peut convenir l'assurance, il y en a 'JO assurées, tandis (|ue chez nous la matière assurée n'est pas la dix-uiillième partie de la matière assurable! » (Cl. Duvernois). On voit si l'on a foi chez nos voisins dans la certitude de l'oliscrvatinn.

* La loi du 15 juillet IS.'iU farlicle ,'>) et le décret du '20 mars IKW (article 7) déclarent (lue « les cotisations de chaque sociétaire seront fixées par les statuts, d'après les tables de malailie et ilc mortalité confectionnées ou approuvées par le gouvernement. »

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