‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 262 sur 331 · PARTIE VII, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

PARTIE VII, CHAPITRE I

membres et 1,500 fr. de capital en 1851; 2,146 membres et 703,000 fr. d' affaires eD 1861 ; dans des proportions bien autrement modestes, la société de Wakefield qui subsiste depuis dix ans avec quatorze membres et un capital de 101 livres sterling*.

Le mouvement sociétaire ne s'est pas arrêté à la Grande- Bretagne. L'Allemagne, bien que la direction principale de la coopération se soit tourné d'un autre côté dans ce pays, comptait à la fin de 1864, 67 associations de consommation [consumvereine) fonctionnant presque toutes dans les grandes villes (Berlin, Cologne, Hambourg; ou dans les centres industriels, Barmen, Elberfeld, Crefeld, etc.) ^.

L'Italie dont nous avons dit le vif élan vers les sociétés de secours mutuels, a aussi ses sociétés de consomma tion à Turin, à Côme, à Alexandrie, à Forli, à Milan, etc. Les ouvriers belges ont pris également une initiative ana-

vantà20 p. 100 du capital engagé; c'étaient là de beaux chiffres; mais les gens de Coveutry n'étaient pas aussi fortement trempés et aussi pratiques que ceux de Rochdaie. Les idées de bien-être et de luxe prirent chez eux trop de place, les jardins d'agrément, trop d'extension; l'administration était médiocre. La crise de 1859 emporta l'association de Coventry.

< Une association de Londres, qui possédait en 1863 plus de deux débits et encaissait annuellement plus de 100,000 fr. avait commencé avec 4 shillings (5 fr.) qui servirent à acheter en gros une livre de thé. La livre fut vendue once par once aux associés. Les bénéfices furent réservés et capitalisés. Le reste de la recette servit à renouveler l'approvisionnement. Quelque temps après, on avait un assortiment. Cela ne veut pas dire qu'un store coopératif doive s'ouvrir en général sans avoir ramassé un petit capital.

2 II faut y ajouter, d'après le rapport de M. Schuitze-Delitch de 1863, 2ôO associations environ pour l'achat des matières premières (flo/i,?fo/7''remne) et pour h production {Productivassociationnen). Ce sont surtout les artisans qu'on appelle Kteine-mester (petits maîtres) appartenant aux métiers de cordonniers, tailleurs, tisserands, relieurs, qui s'associent pour acheter en gros les matières premières et les instruments de travail Ils cherchent même, dans quelques localités, à fondre leurs ateliers en une seule maison coopératricç. Les ouvriers et compagnons sont malheureusement Jusqu'ici exclus des Rohstoffvercine ; aussi, M. Schuitze Delitch a-t-il remarqué qun ces associations sont des intermédiaires entre les corporations du passé et celles de l'avenir. — Après les banques populaires, ce sont donc les associations pour l'achat des matières premières qui ont pris en Allemagne le pins de développement. C'est ainsi que pour les seuls cordonniers, il y a en Prusse '3.i associations, en .Saxe 18, dans le reste de l'.MIcmagne 30 : total 81.

Les associations pour la vente des marchandises fabriquées, réussissent aussi trèsfacilement. Celle des ébénistes de Berlin, qui possède un magasin général où sont déposés les meubles fabriqués par les membres et qui sont vendus pour le compte de chacun d'eux, fait pour 250,000 fr. d'aflaires par an.

logue. Zurich corapte enfin une très-importante association.

Pour la France nous avons mentionné précédemment ^ oe qui a été accompli dans un ordre d'idées analoi^ues, toit dans les grandes usines, soit par les compagnies de chemins de fer en faveur de leurs agents et employés, soit par un certain nombre de sociétés de secours mutuels en faveur de leurs membres, soit enfin par quelques associations particulières comme celle de Grenoble. Mais jusqu'à présent, ces diverses tentatives ne constituent pas la coopération proprement dite, c'est-à-dire, dans l'espèce actuelle, l'achat direct par les classes travailleuses elles-mêmes d'objets destinés à être ensuite revendus en détail à ces mêmes classes. N'y aurait-il pas cependant toute une campagne à ouvrir chez nous dans une voie où nos voisins d'outre-Manche ont déjà remporté de si étonnants succès?

APai^s, au Havre, etc., plusieurs sociétés sont au surplus déjà en voie de formation ^. Il serait peu intéressant de relever quant à présent des faits encore aussi embryonnaires, d'essayer de préciser des tâtonnements. Ce qui importe, c'est d'examiner d'une manière générale dans quelles conditions on pourrait transplanter en France les associations de consommation. Et d'abord est-il nécessaire de plaider l'utilité? Nous avons énoncé plus haut le chiffre ,de bénéfices que prélève le commerce de détail. Ce chiffre ne peut être évalué à moins de 30 p. 100. Étant donnés les 550,000 ouvriers de tout ordre et de toute condition que renferme la seule ville de Paris, et étant admis, — ce qui ne semble nullement exagéré, — que l'économie des associés sur leurs dépenses annuelles serait de 25 p. 100, on a calculé que les sociétés de consommation permettraient à l'ensf^mble des ouvriers parisiens de réaliser une économie directe de 90 millions. Achat dans des conditions jusqu'ici non obtenues de denrées de bonne qualité; placement avantageux des économies amassées ; création d'un capital par l'accumulation des bénéfices... nous n'avons donc pas besoin de plaider l'utilité; elle est évidente, elle éblouit.

• Voir même volume, p. 350 et 357.

2 L'asiiociiition iJu H»vrc Tunclionne même déjà sous le nom de Magasin des contommaleurs associé» du Havre.

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