‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 270 sur 331 · PARTIE VII, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE VII, CHAPITRE II

net de 78,055 thalers (292,700 fr.). A la fin de 1862, le nombre des banques était de 5H; les 243 qui avaient envoyé leurs comptes à l'agence centrale, comptaient 69,202 sociétaires; les bonis des sociétaires s'élevaient à 4 millions 500,000 fr.; leurs versements volontaires ou dépôts à 10 millions 313,000 fr. ; le fonds de réserve à 500,000 fr.; le capital emprunté à 13 millions (capital disponible, 27 millions 715,000 fr.). Les avances faites aux sociétaires dans le courant de l'année atteignaient le chiffre de 88 millions 778,000 fr. En 1864 le nombre des banques est de 662 ; le nombre des membres est évalué à 200,000 ; le capital à 45 millions de fr., le chiffre des affaires à 175 millions '.

Sur quelles bases repose donc un système qui a eu une expension si merveilleuse?

« Les membres soussignés, dit l'article 1" des statuts de la banque de Delitzsch, veulent, au moyen de la présente association, se procurer par leur crédit collectif les capitaux dont ils ont besoin pour leurs affaires industrielles ou leur commerce. » Ainsi elle est bien simple cette idée grande et forte qui transforme un pays ; elle ne se présente pas avec cet appareil que certains esprits exigent quelquefois des nouveautés sociales : M. Schultze-Delitzsch, qui devra à sa propagation d'être classé parmi les hommes les plus utiles de son temps, n'a fait qu'approprier à une condition particulière un mécanisme qui était déjà appliqué par toutes les banques du monde, la solidarité des signatures. Là, s'est-il dit, où plusieurs personnes prises individuellement n'obtiendraient pas le moindre crédit, elles inspireraient en s'associant et en s'engageant collectivement envers des capitalistes assez de confiance pour contracter un emprunt. Un homme sans capital sollicite un prêt : il est probe, il est vaillant, il mènera à bonne fin son entreprise et remboursera ensuite. Très-bien, se dit le capitaliste : mais s'il meurt, s'il tombe malade, si le chômage arrive ; et le capitaliste recule. Supposez une association formée au contraire par

* En joignant à ces chiffres ceux des autres associations coopératives mentionnées plus haut, on aurait en Allemagne un total de 1,200 associations à peu jirès, comprenant 300,000 sociétaires, et faisant un cliitTre d'affaires de 250 millions de francs environ.

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une centaine d'habitants, pris dans une localité quelconque (ouvriers, artisans, petits fabricants, boutiquiers), il est infiniment peu probable que ces cent associés mourront en même temps, seront frappés en même temps par la maladie, chômeront tous à la même heure (surtout s'ils ne font pas partie de la même profession, ce qui, à ce point do vue semble utile pour les banques d'avances). — Les mauvaises chances ont donc disparu : l'obligation collective et solidaire les a compensées, sinon supprimées. Le capitaliste est illuminé : il fuyait; il accourt *.

Le fonds social se compose (art. 2) : \° d'un droit d'entrée — ordinairement fixé de 10 à 15 silbergros (1 fr. 25 c. à 1 fr. 87 c. ^) et d'une cotisation mensuelle — ordinairement fixée à 25 c. — Ces cotisations sont dues jusqu'à l'entier versement d'une certaine somme qui est portée au compte de l'associé ; — 2° Des sommes empruntées par l'association sous la garantie solidaire des associés. Les sociétaires sont, en outre, admis à faire des versements supplémentaires qui, réunis aux versements obligatoires, leur constituent des bonis au prorata desquels ils se partagent les dividendes. Chaque associé est libre d'emprunter à la caisse sous sa signature une somme égale au montant de ses propres versements ; pour emprunter davantage il lui faut la garantie d'un ou de plusieurs sociétaires. Dans le cas où un membre demande un nouveau prêt avant d'avoir remboursé une avance antérieure faite avec garantie, il ne peut l'obtenir sans l'adhésion du ou des premiers garants. Si les demandes d'avances ne peuvent [)as être remplies faute de fonds, elles sont inscrites et il y est satisfait dans l'ordre de leur arrivée. Les avances ordinairement faites pour trois mois varient, suivant les sociétés, de 18 fr. 75 c. à 37 fr. 50 c.; elles s'élèvent dans quelques associations jusqu'à 1,125 fr. et même 3,7.'>0 fr. Les intérêts varient entre 4 et 8 p. 100, et il s'y joint une commission de 1/4 p. 100 par mois *»

* Ceci n'est point une li(,'ure : dejtuis plus de douze ans, les Vorschussbanken (on les appelle aussi V orctiusxV ereine) oui emprunté tant qu'elles ont voulu au taux courant de l'argent : de 3 à 5 p. 100 suivant les lieux et les circonstances. Elles sont, à l'heure présente, l'un des placements itréfèrés de la bourgeoisie allemande.

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