PARTIE VII, CHAPITRE IV
superposition ? Ce sera d'avoir pour l'épargne comme pour les avances un personnel déjà agrégé, se connaissant, s'étant particulièrement trié et où les conditions de confiance et de solidarité morale qui sont la base de la solidarité plus ou moins étendue de l'obligation légale, se trouveront réunies comme nulle part ailleurs. Ici, comme dans beaucoup d'autres applications, on aura profité en faveur de la propagation du crédit de l'attraction de l'ouvrier pour cette forme rudimentaire de la prévoyance : l'assurance en cas de maladie. L'assurance et la solidarité, deux principes analogues fonctionneront ainsi parallèlement sans confusion et utilement pour tous ' .
Quant aux capitaux actuels des sociétés de secours réciproques, et en dehors de toute superposition, nous l'avons déjà spécifié, — et nous sommes heureux de nous trouver ici d'accord avec M. Batbie, — il serait vivement à désirer qu'on autorisât les sociétés approuvées à prêter, quand elles le pourraient, à la banque d'avances ; il y aurait là un lien précieux et aussi naturel que précieux. Le crédit populaire s'alimenterait par les épargnes populaires. Aucune disposition légale n'empêche, du reste, les sociétés privées d'opérer de tels placements.
Le capital actuel des sociétés mutuelles est de 35 millions environ ^. Si on veut songer que c'est avec un capital personnel de 10 millions et un capital emprunté de 13 millions que les banques allemandes ont avancé, en 1862, 89 millions à leurs sociétaires ', on verra, d'une part, que les ressources mêmes présentes des sociétés de secours mutuels françaises ne sont ^ pas sans quelque importance, et d'autre part, dans quelles proportions, sans engager cependant tout leur fonds de réserve, elles pourraient desservir les besoins de crédit des travailleurs *.
' M. Seinguerlet, dans une série d'articles remarqués (journal le Temps), a dit comme nous : « Il est naturel qu'on recommande de prendre les groupes déjà formés pour point de départ d'associations plus importantes, de même qu'en France, les sociétés de secours mutuels pourraient servir de base à l'organisation d\i crédit populaire. »
2 34,271,000, — 26 millions seulement, en défalquant le fonds de retraite.
3 Les sociétés de crédit mutuel ne comptent encore en France que 1,200 membres environ.
* Quant aux sociétés de production, comme, pour réussir, il ne faut pas qu'elles soient très-nombreuses, elles ne pourraient user des sociétés de secours mutuels que pour le choix de groupes que l'association aurait déjà rendus compacts et confiants.